Brendan Donohue, directeur de la NBA 2K League, est revenu sur l'entrée de la NBA dans l'eSport. L'occasion pour lui de rappeler les synergies prévues entre la ligue américaine professionnelle de basket et cette discipline en plein essor.

De loin, on pourrait se dire que la NBA n’a pas besoin de l’eSport. La ligue professionnelle américaine de basket-ball nourrit les foyers des États-Unis de longue date, générant des revenus colossaux et grimpant d’année en année. Pour preuve : les dernières finales, entre les Warriors de Golden State et les Cavaliers de Cleveland, ont rassemblé plus de 20 millions de téléspectateurs.

Mais les instances de la grande ligue ont quand même décidé de mettre leur nez dans l’eSport, puisque c’est une aubaine qui s’ouvre et potentiellement une source supplémentaire de revenus. Pour Brendan Donohue, président de la NBA 2K League, c’est même un prolongement logique au vu des synergies qui peuvent exister et nourrir le sport et l’eSport. Surtout quand on parle de basket.

À la recherche d’une audience plus large

Il faut dire que la NBA n’a pas choisi le premier partenaire venu pour s’immiscer dans le phénomène vidéoludique auquel tout le monde veut prendre part. En choisissant la franchise de 2K Games, elle s’assure d’ores et déjà un beau potentiel d’audience. «  C’est une industrie massive et nous pensons avoir une place au sein d’elle. Le succès des jeux 2K et la popularité de la ligue en font une étape logique  » révèle l’intéressé dans les colonnes de GamesIndustry.

Mais quel serait l’intérêt de regarder des e-athlètes plutôt que de vrais sportifs ? Cette question peut sonner comme un paradoxe. Pas pour Brendan Donohue, qui se range derrière l’accessibilité : «  Les jeux comme League of Legends sont incroyables à regarder, mais ils peuvent être intimidants si vous n’y avez jamais joué  ». À l’inverse, regarder un match de NBA 2K serait comme regarder un match de NBA : même sans rien y connaître, il y a matière à apprécier.

«  Cela nous offre un avantage pour une audience plus casual  » concède-t-il. D’autant que la NBA 2K League imposera la création d’avatar aux e-athlètes pour ne pas tomber dans la simple copie virtuelle de ce que l’on peut voir à la télévision.

Brendan Donohue étaye son argumentaire par des chiffres, malgré des statistiques qui, pour le moment, ne plaident pas en faveur de l’eSport : 29 % des adultes, seulement, auraient regardé une compétition eSport aux États-Unis selon YouGov. Il explique ainsi que la finale de League of Legends a attiré plus de monde que la cérémonie des Oscars : «  Je ne pense pas que la prise de conscience sera un problème. Les gens sont assez proches de la NBA et des marques 2K  ».

Et, en prime, la NBA 2K League ne se focalise pas, pour le moment, sur l’argent. «  Les revenus constituent un objectif secondaire. Notre but premier est de bâtir et d’en faire une entité globale — et nous sommes confiants quant à notre capacité à y parvenir  » explique Brendan Donohue, conscient que les retombées économiques viendront après. Et d’elles-mêmes. «  Cette ligue ouvre la porte à une nouvelle audience pour nous, que ce soit des fans de 2K, des fans d’eSports  » conclut-il. Pour, in fine, toujours plus de droits TV qui explosent dans le sport traditionnel ?

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