Attendue le 9 juin, la cinquième saison d'Orange Is The New Black a été piratée et diffusée sur Internet avant l'heure. La raison ? Un maître-chanteur qui a réussi à pirater la série a tenté de monnayer son silence. D'autres séries TV sont menacées.

Si vous êtes du genre à vous approvisionner en films et séries télévisées en passant par des canaux de distribution alternatifs, en faisant fi du droit d’auteur et de la loi, peut-être avez-vous remarqué avec surprise la disponibilité de la saison 5 d’Orange Is The New Black sur les réseaux d’échange en pair à pair (P2P) comme BitTorrent, ainsi que sur des sites illicites de téléchargement direct ou de streaming.

Ceux et celles qui suivent avec assiduité la série TV produite et diffusée par Netflix depuis 2013 savent pourtant très bien que la cinquième saison de l’œuvre imaginée par Jenji Kohan n’est pas encore officiellement disponible. En effet, elle ne doit être mise en ligne sur la plateforme de vidéo à la demande par abonnement qu’à partir du 9 juin, selon un planning révélé en début d’année.

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La saison 5 Orange is the New Black est déjà référencée sur les sites pirates.

Alors comment se fait-il que les dix épisodes — c’est-à-dire toute la saison ! — racontant la suite des aventures carcérales de Piper Chapman, incarnée par Taylor Schilling, et de ses codétenues aient été piratés et mis en ligne avant l’heure, plus d’un mois avant leur diffusion ? La responsabilité semble revenir à un mystérieux individu ou collectif se faisant appeler TheDarkOverlord.

Son but ? Visiblement, il ne s’agissait pas de faire plaisir aux internautes n’ayant pas envie de verser les 8 euros mensuels que Netflix demande pour donner accès à son catalogue, mais bien de faire pression sur l’industrie audiovisuelle pour qu’elle paie une rançon afin que la saison piratée ne se retrouve par mise à disposition de tous sur Internet.

Vous l’avez compris en constatant la disponibilité de la cinquième saison d’Orange is the New Black sur les canaux permettant de récupérer des œuvres piratées, personne n’a cédé. Mais ce refus de céder aux menaces sera-t-il tenu alors que les contenus de nombreuses autres chaînes de télévision américaines, qu’il s’agisse de ABC, CBS, E !, Fox, IFC ou NBC, sont aussi menacés ?

Car TheDarkOverlord n’a pas qu’une saison dans sa manche.

Selon le site DataBreaches, le maître-chanteur a en stock des tas de films et de séries TV qu’il est prêt à répandre sur Internet si les chaînes de télévision ne satisfont pas ses exigences. On dénombre six films, vingt-huit séries télévisées (il n’est pas clair s’il s’agit à chaque fois de quelques épisodes ou de saisons entières), un court-métrage et un programme pour YouTube Red.

Afin de montrer qu’il n’est pas un charlatan, TheDarkOverlord a fourni quelques éléments de preuve à DataBreaches concernant la saison cinq d’Orange is the New Black (qui a donc fuité depuis), la toute première saison d’une série inédite, Bill Nye saves the World, et le film XXX : Reactivated, qui est sorti en début d’année au cinéma et mettant en scène des acteurs comme Vin Diesel, Samuel L. Jackson, Donnie Yen et Ice Cube

Pour mener à bien son opération, TheDarkOverlord n’a a priori pas bénéficié de complicités internes. Il a en revanche profité d’une vulnérabilité pour récupérer des tas de contenus audiovisuels qu’il utilise aujourd’hui pour faire pression sur les sociétés de production et les chaînes de télévision. C’est Larson Studios, Inc, une entreprise utilisée par plusieurs studios de télévision, qui a été piratée.

Une rançon de 50 bitcoins

Toujours selon TheDarkOverlord, les studios Larson était disposés à payer la rançon : 50 bitcoins, soit près de 62 000 euros au cours actuel. Mais les contacts informels ont fini par cesser. Un « contrat » aurait même été signé entre les deux parties, mais les allégations de TheDarkOverlord données à DataBreaches, outre qu’elles sont ici peu crédibles, sont de toute façon invérifiables.

Quoiqu’il en soit, l’affaire est en train de prendre un tournant judiciaire. Un communiqué obtenu par DataBreaches indique que Netflix « est au courant de la situation ». Outre qu’il confirme le fait qu’une faille de sécurité a été exploitée pour pirater les studios Larson, le service de SVOD annonce que « les autorités compétentes sont impliquées » dans ce dossier.

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