Il n’est guère difficile d’imaginer la patron de Sony claquant rageusement la porte du bureau de son responsable marketing en s’écriant « trouvez-moi d’autres sources de revenus ! » et l’employé tout piteux de se creuser les méninges « bon, qu’est-ce qu’on a pas encore fait sur Internet ? » Il repense alors à son fils, qui passe bien trop de temps à son goût sur les MMOs. Voilà, le truc un peu à la mode que les studios n’avaient pas encore investi. Du coup, Sony Pictures et Warner Bros nous pondent un accord avec Gaia Online visant à permettre à ses visiteurs de voir leurs films dans une salle de cinéma virtuelle, avec de l’argent réel, bien évidemment.

Tout comme dans la vraie vie, les spectateurs peuvent acheter du popcorn, discuter avec leur voisin, embêter tout le monde en pointant un laser sur l’écran ou même envoyer des tomates sur l’écran. Rien en revanche concernant l’intervention de vigiles pour serrer l’avatar en train d’enregistrer le film avec une caméra.

L’entrée coûte 1.99 $. D’accord, c’est moins cher que d’aller au « vrai » cinéma mais l’intérêt de voir un écran derrière son écran a dû mûrement être réfléchi pour que les studios prennent la peine d’en monétiser le service. D’autant plus qu’excepté Ghost Rider, les films proposés sont loin d’être récents : Spider-Man (2002), The Matrix (1999), Ace Ventura, détective pour chiens et chats (1994), ou encore la Nuit des morts-vivants (1968).

Alors, on pourrait se dire qu’après tout, les studios n’y voient rien de plus qu’un petit gadget à proposer ne leur coûtant pas grand chose, et qu’ils n’auraient aucune raison de s’en priver, même si cela ne marche pas. Et pourtant, l’importance que semble y placer Sony paraît déjà bien plus importante si considère l’investissement qu’a prévu la major dans Gaia Online dans le cadre de cet accord. A l’heure où la major tente de diversifier sa branche musique afin de ne pas la perdre complètement, espérons qu’elle n’ait pas envisagé ce dernier investissement comme le futur de sa stratégie en tant que studio de films ; elle pourrait bien tomber de haut.

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