Avec 250 000 abonnés maximum selon les estimations d'un cabinet spécialisé, Netflix est encore extrêmement loin de l'objectif qu'il s'est fixé pour les prochaines années. Pourra-t-il rattraper son retard ?

Est-il trop tôt pour parler d'échec ? Lors de l'annonce officielle de l'arrivée de Netflix en France, son patron Reed Hastings n'avait pas hésité à dévoiler de grandes ambitions, en confiant au Figaro qu'il voulait "séduire globalement un tiers des foyers d'ici cinq à dix ans", ce qui est l'objectif dans tous les pays où le service de SVOD s'implante. Quatre mois après son lancement le 15 septembre dernier, selon des données de Digital TV Research rapportés par Les Echos, Netflix "n’aurait recruté que 200.000 à 250.000 abonnés en France, dont la plupart passent par Internet (PC, tablettes…)" plutôt que par les box des opérateurs.

Il reste donc beaucoup, beaucoup de chemin à parcourir avant que Netflix ne réussisse à atteindre ses objectifs en France. Selon les projections de l'INSEE (.pdf), la France comptera 29,5 millions de foyers en 2020. S'il veut être raccord avec ses ambitions, le service en ligne américain a donc cinq ans pour convaincre 9,8 millions d'abonnés. Or si les estimations de Digital TV Research sont exactes, Netflix est au mieux à 2,5 % de cet objectif final.

Si Netflix n'arrive pas à décoller rapidement, la question de la continuité du service en France pourrait même se poser. Netflix estime que son seuil de rentabilité, au dessus duquel il arrête de perdre de l'argent, se situe à 10 % des foyers d'un pays où il s'implante. Or pour le moment Netflix n'a convaincu que 0,9 % des foyers français. Il faut donc qu'il décuple sa base d'abonnés pour commencer à rembourser ses investissements. 

Pour ce faire, le service de SVOD mise sur de prochaines productions, en particulier des séries TV françaises de qualité disponibles exclusivement sur Netflix, pour convaincre les foules. Mais il devra aussi réussir à faire sauter le verrou de la chronologie des médias pour pouvoir proposer des films plus récents, et surtout étendre son catalogue de séries TV américaines, étonnamment pauvre en France.

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