Xavier Niel et Stéphane Richard se sont retrouvés dans les locaux de RTL, le temps d'un entretien. L'occasion pour les deux grands patrons de revenir sur l'état du marché de la téléphonie mobile depuis l'arrivée de Free Mobile, le contrat d'itinérance entre les deux opérateurs, leur stratégie pour conquérir de nouveaux clients et leur politique en matière d'emploi.

C'est un face-à-face assez rare qui s'est déroulé samedi dans les locaux de RTL. Partenaires au sujet de l'itinérance des télécommunications mais rivaux dans le secteur de la téléphonie mobile, Orange et Free se sont retrouvés le temps d'une émission de radio pour discuter de la situation du marché depuis l'arrivée du quatrième opérateur en janvier dernier.

France Télécom "n'a pas entravé" la concurrence

Indispensable à la survie de Free Mobile, le contrat d'itinérance conclu avec Orange est-il respecté par les deux parties ? "Oui, le deal est respecté par Free et par nous. On est deux partenaires, je crois loyaux", a annoncé Stéphane Richard au micro de Marie Drucker. Et pour que l'accord avec l'opérateur historique entre en vigueur, Free devait atteindre un taux de couverture de la population française de 27 %.

Mais le partenariat tissé entre les deux opérateurs n'est-il pas contradictoire avec la concurrence féroce qui se déroule dans le secteur de la téléphonie mobile en France ? Orange ne risque-t-il pas de tenir un double discours à l'égard de Free ? Interrogé à ce sujet, Stéphane Richard a assuré que ce n'est pas le cas. Oui, Orange lutte contre Free pour séduire le client, mais cela n'affecte en aucune façon le contrat d'itinérance.

"On a une relation d'itinérance […] qui était voulue au départ, puisqu'on a lancé un nouvel entrant, un quatrième opérateur en l'autorisant à lancer un service national avec seulement 27 % de couverture. Il fallait bien qu'il y ait quelqu'un qui fasse le complément. […] Nous avons, après une discussion avec Free, trouvé un accord là-dessus", a rappelé Stéphane Richard.

"Cet accord a été encouragé par les pouvoirs publics, il faut quand même bien le dire, par l'Arcep et par l'Autorité de la concurrence, et au moins, après tout ça, on peut dire que France Télécom n'a pas entravé la concurrence dans ce pays. France Télécom n'a pas empêché, en ne répondant pas présent au niveau de cette itinérance à la demande de Free", s'est félicité le PDG d'Orange.

Free toujours confronté à des problèmes de saturation

Mais ce n'est pas parce que Orange assure la couverture des 73 % de la population restants que cela exonère Free du moindre effort. Où en est le quatrième opérateur ? A-t-il résolu pour de bon les multiples problèmes survenus depuis janvier au niveau de son infrastructure ? Questionné sur la qualité de son réseau, Xavier Niel a dépeint un tableau globalement positif de la situation après un démarrage difficile.

Deux problèmes principaux sont apparus peu après l'arrivée de Free Mobile sur le marché. D'abord "un problème de capacité de tous les opérateurs à réussir à échanger des abonnés". Il a fallu étendre à plusieurs reprises les capacités du GIE EGP pour permettre à un nombre croissant d'abonnés de pouvoir changer d'opérateur sans perdre son numéro de téléphone portable.

Avant Free Mobile, les trois opérateurs traitaient entre 10 000 et 15 000 demandes quotidiennes. Mais l'arrivée d'un quatrième opérateur et l'attrait de ses offres a entraîné un véritable engouement et généré des pics de demande jusqu'à 40 000 requêtes de portabilité par jour. "Ce problème a été réglé assez rapidement", a fait savoir Xavier Niel.

L'autre souci porte sur la capacité du réseau de Free Mobile à acheminer sans accroc toutes les communications téléphoniques et à assurer le transit des données mobiles. Sur ce terrain, des progrès restent à accomplir de l'aveu même de Xavier Niel. "Aujourd'hui on a encore des problèmes de saturation à certains endroits sur nos réseaux […]. Ce sont des choses que l'on essaie de régler, de fluidifier rapidement'.

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