Trois semaines après l'arrivée de Free Mobile, les problèmes de portabilité persistent. Interpellé par Xavier Niel, Éric Besson a écrit aux opérateurs pour leur demander d'accroître encore les capacités du GIE EGP, la plate-forme chargée de gérer le changement d'opérateur mobile tout en conservant le numéro de téléphone.

Arrivé en fanfare le 10 janvier dernier, Free Mobile est parvenu en quelques jours à transformer durablement le secteur de la téléphonie mobile. Avec une grille tarifaire très agressive, le nouvel opérateur a contraint très vite ses trois principaux rivaux à aligner leurs offres low cost afin de limiter la casse. Quant aux forfaits de Free Mobile, ils ont globalement été salués pour leur contenu.

L’entrée réussie de Free Mobile dans la compétition cache cependant quelques difficultés qui freinent nettement la stratégie de l’entreprise à court terme. Il faut en effet savoir que la France, du point de vue de la téléphonie mobile, est un marché saturé. Pour gagner des clients, Free n’a donc pas le choix : il faut en prendre directement à ses concurrents. Et, bien entendu, ces utilisateurs comptent garder en général leur numéro.

Une procédure a justement été mise en place pour permettre à un abonné de changer d’opérateur de téléphonie mobile tout en conservant son numéro de téléphone. Il s’agit du GIE EGP (Groupement d’intérêt économique Entité de gestion de la portabilité), qui d’ordinaire fonctionne sans accroc. Mais l’arrivée de Free Mobile a considérablement augmenté le volume des demandes de portabilité.

Si les difficultés du GIE EGP à gérer cet afflux de demandes pouvaient évidemment se comprendre dans les premiers jours, il semble qu’elles perdurent toujours trois semaines après l’arrivée de Free Mobile. Une situation qui agace franchement Xavier Niel, qui a invité Éric Besson sur Twitter « à faire son job » en agissant dans l’intérêt du consommateur.

Xavier Niel souhaite que les opérateurs respectent enfin la loi, c’est-à-dire assurer une portabilité en trois jours et un desimlockage immédiat. « Trois semaines sans action sur la portabilité, cela fait des centaines de milliers d’abonnés en attente d’une SIM : agissez plus, parlez moins » a-t-il lancé, avant d’ajouter « que si aujourd’hui le gouvernement n’impose pas le respect de la loi […] tout cela n’aura servi à rien« .

Cet appel, lancé le 28 janvier, a manifestement été entendu. Éric Besson a écrit lundi aux PDG d’Orange, SFR et Bouygues Télécom, ainsi qu’au directeur du GIE EGP, afin de les inviter à accroître les capacités de traitement en matière de portabilité puisque cela « constitue un droit important pour les consommateurs et un facteur essentiel de stimulation de la concurrence« .

Dans sa lettre, Éric Besson constate que pour « faire face au lancement commercial de l’opérateur Free Mobile, et en l’absence de prévision de montée en charge fournie au GIE EGP par le nouvel opérateur, la capacité effective de cette plate-forme de gestion de la portabilité a été portée de 20 000 à 45 000 numéros par jour« . Un seuil insuffisant, vu le succès de Free Mobile.

Le ministre en charge de l’industrie et de l’économie numérique souhaite donc que la « capacité effective de la plate-forme de portabilité soit augmentée dans les plus brefs délais à 80 000 numéros portés par jour, afin de mettre fin aux retards subis par les consommateurs ayant fait le choix de changer d’opérateur« , sans pour autant mettre en péril l’efficacité et la sécurité de la procédure.

Avant l’arrivée de Free Mobile, le GIE EGP traitait en moyenne entre 10 000 et 15 000 demandes de portabilité par jour, en comptabilisant l’ensemble des opérateurs présents sur le marché français, avait expliqué à l’AFP Nicolas Houéry, le directeur de la plate-forme.

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