L'acquisition par Google de l'équipe HTC en charge de la fabrication des smartphones Pixel est loin d'être le premier rachat d'envergure pour le géant de Mountain View. Mais certaines de ses acquisitions ont tourné à l'échec notoire.

Si Google (Alphabet) mise visiblement beaucoup sur l’équipe en charge de la fabrication des smartphones Pixel chez HTC, qu’il vient d’acquérir pour 1,1 milliard de dollars, tous les achats du géant de Mountain View sont loin de s’être soldés par des réussites.

Retour sur les échecs les plus marquants de la firme en la matière.

 

Le Moto X

Motorola, ou l’attrait des brevets

L’incursion plus en avant dans le monde du mobile tentée par Alphabet avec le rachat de cette division d’HTC est loin d’être une première. En mai 2012, Google officialisait le rachat de la division mobile de Motorola — évoqué depuis l’été 2011 — pour 12,5 milliards de dollars.

Une annonce jugée surprenante par plusieurs analystes, mais qui visait surtout, pour Google, à s’offrir les 17 000 brevets de Motorola. Grâce à eux, Google s’offre en effet une protection contre les risques de poursuite de ses rivaux, comme Apple, au motif que Google proposerait gratuitement son système d’exploitation Android à ces constructeurs, sans conclusion d’accord de licence, violant de fait les brevets de la concurrence.

C’est ce qu’expliquait à l’époque le site spécialisé IEEE Spectrum par l’intermédiaire de Mark Harris : « [Ces brevets] lui donnent un bouclier défensif contre Microsoft et les autres grands détenteurs de brevets. »

Les smartphones Motorola/Google sur Android sortis après cette acquisition — comme le Moto X — sont loin d’avoir séduit le public ou bouleversé le marché grâce à leurs capacités. De fait, Google a fini par revendre Motorola au constructeur chinois Lenovo en 2014, tout en prenant soin de conserver les fameux brevets, signe qu’ils constituaient l’intérêt principal de cette acquisition pour Google.

Nest, la maison connectée qui peine à décoller

À l’annonce de l’acquisition par Google de Nest, entreprise spécialisée dans la maison connectée, en 2014, George Geis, professeur associé à l’École de management Anderson d’UCLA, s’étonnait de ce changement stratégique : « C’est clairement un virage pour eux. À mon sens, ça montre que Google recherche des revenus alternatifs. »

Et à prix fort, le géant ayant dépensé 3,2 milliards de dollars — la deuxième plus grosse acquisition de son histoire — pour s’offrir les services du spécialiste des thermostats, des détecteurs de fumée et de la caméra de surveillance connectée Nestcam.

Larry Page, patron de Google, se voulait toutefois rassurant (et enthousiaste) sur l’avenir de cette acquisition : « La maturité et le dynamisme du marché des objets connectés et de maison, par exemple, sont très différents de celui du mobile. Nous sommes motivés par ces occasions de créer des nouveaux produits incroyables pour utilisateurs au sein de ces écosystèmes émergents. »

Mais les revenus insuffisants de Nest — 340 millions de dollars en 2015 –, couplés au manque d’intérêt majeur autour de ce marché de la maison connectée, annonçaient, dès 2016, un avenir difficile entre Google et Nest. Alphabet a d’ailleurs envisagé de le revendre cette même année, selon Reuters. Nest reste pour l’instant dans le giron d’Alphabet, mais jusqu’à quand ?

Boston Dynamics

Boston Dynamics, des robots peu rentables

En 2013, le rachat par Google de Boston Dynamics, dérivé du prestigieux MIT, avait fait grand bruit. Mountain View s’offrait ainsi une équipe réputée pour ses robots humanoïdes, dont les créations les plus célèbres restent l’agile robot Handle et Atlas, un bipède tout aussi impressionnant.

Mais Google n’a pas tardé à prendre ses distances avec Boston Dynamics, visiblement inquiet du manque de rentabilité de cette branche robotique comme des inquiétudes du public au sujet de ces créations.

Dès mars 2016, Alphabet, conscient que les « produits commercialisables » de cette branche ne verront pas le jour avant plusieurs années, tente de revendre Boston Dynamics. En juin 2017, la branche de robotique finit par trouver un acheteur : le conglomérat japonais SoftBank rachète Boston Dynamics pour un montant resté inconnu.

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