Très rare en Europe, Sundar Pichai, le directeur général de Google et d’Alphabet, est à Paris pour l’inauguration d’un nouveau hub dédié à l’intelligence artificielle. 300 chercheurs et ingénieurs y concevront les innovations de demain.

La France est-elle vraiment dépassée en matière d’intelligence artificielle ? À en croire Google, pas tant que ça. Alors que les initiatives locales se multiplient (Mistral AI fait parler de lui dans le monde entier, Xavier Niel veut créer un géant européen avec Kyutai), Google a choisi la France pour inaugurer un nouveau centre de recherche en intelligence artificielle, situé au 50 rue d’Amsterdam à Paris (à quelques mètres de son siège français). Enfin, nouveau… Il s’agit d’un nouvel immeuble de six étages, mais les 300 employés qui vont l’intégrer travaillaient déjà pour Google.

Pour cette occasion particulière, Sundar Pichai a fait le déplacement. Le patron de Google depuis 2015 (et de la structure Alphabet depuis 2019) n’était pas venu en France depuis 2016, lors d’une conférence à Sciences Po. Son déplacement est la preuve que la création de ce hub n’est pas si anodine. Évidemment, son déplacement est aussi politique. Bruno Le Maire (Économie), Catherine Vautrin (Travail) et Valérie Pécresse (Île-de-France), notamment, sont venus à sa rencontre, dans un contexte de régulation des GAFAM et d’investissements français en matière d’IA. Tous avaient le même message : Google est bienvenu en France et peut expérimenter comme il le souhaite.

Sundar Pichai au AI Hub de Google à Paris. // Source : Numerama
Sundar Pichai au AI Hub de Google à Paris. // Source : Numerama

300 chercheurs et ingénieurs

Quelle est la mission du hub de Google ? Dans ce nouveau centre dédié à l’IA, plusieurs chercheurs et ingénieurs travailleront sur des innovations destinées à toucher « des milliards d’utilisateurs à travers le monde », sans doute sous l’étiquette Gemini (sa nouvelle marque IA générative). Les équipes françaises de Chrome et de YouTube seront intégrées au hub, au même titre que les équipes DeepMind et Google Research.

Avec son hub français, Google veut aussi se rendre plus attractif en France. L’entreprise compte développer « de nouveaux partenariats académiques » et « former des professionnels français aux outils de l’IA », notamment en travaillant avec le CNRS et d’autres instituts. Bref, à l’heure de ChatGPT, l’IA est aussi une arme d’influence.

Bruno Le Maire lors de l'inauguration du centre Google. Son discours était pro-IA, pro-Google, pro-innovation et pro-nucléaire. // Source : Numerama
Bruno Le Maire lors de l’inauguration du centre Google. Son discours était pro-IA, pro-Google, pro-innovation et pro-nucléaire. // Source : Numerama

Lors de l’inauguration du hub, Sundar Pichai a plusieurs fois salué les talents français, tout en recevant les louanges des pouvoirs publics. « Nous sommes là pour faire toutes les expérimentations que vous voulez faire » a déclaré la ministre du Travail, alors que Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, s’est dit contre la régulation. « Quand on régule une innovation, c’est qu’on ne la maîtrise pas ». Évidemment, Sundar Pichai a apprécié de telles déclarations, qui sont à l’opposé des déclarations habituelles des politiques européens à l’encontre de Google.

Après cette inauguration, Sundar Pichai s’est rendu à l’institut Curie. La suite de sa visite sera en Allemagne, où le DG de Google terminera sa courte tournée européenne.

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