C'est fait : Google et HTC ont trouvé un terrain d'entente consistant pour le premier à acquérir une partie des actifs du second. Concrètement, Google récupère l'équipe qui est en charge de la fabrication des smartphones Pixel et obtient un accord de licence sur la propriété industrielle de HTC pour 1,1 milliard de dollars.

Ce qui n’était au départ qu’une supposition un peu folle vient de devenir réalité : une partie de HTC va devenir une propriété de Google. L’annonce a eu lieu à la fois sur le site officiel du constructeur taïwanais et sur le blog du géant du net, ce jeudi 21 septembre. Montant de l’opération pour la firme de Mountain View ? 1,1 milliard de dollars.

Concrètement, Google met surtout la main sur la division du fabricant asiatique qui s’occupe des smartphones de la gamme Pixel , ce qui signifie qu’une partie des employés de HTC va rejoindre Google.  2 000 salariés seraient concernés, selon le New York Times. De fait, ils travaillaient déjà pour Google puisque la compagnie avait conclu un contrat avec Google pour lui fabriquer les Pixel et Pixel XL.

Le Google Pixel.

Par ailleurs, sur le plan de la propriété industrielle, HTC accorde à Google une licence non exclusive sur le portefeuille de brevets en possession de l’entreprise taïwanaise, ce qui permettra deux choses : d’abord profiter du savoir faire du constructeur asiatique sans avoir besoin de réinventer la roue ou de devoir mettre la main à la poche — ce qu’il fait de toute façon déjà — ; ensuite, se préserver sur le plan judiciaire.

La transaction qu’opèrent Google et HTC n’est guère étonnante au regard des relations tissées entre les deux entreprises au fil des ans. C’est en effet à HTC que Google a confié le soin de lancer la gamme Nexus en 2010 avec le One ; il lui a aussi demandé de fabriquer la tablette Nexus 9, sortie en 2014. Google rappelle aussi que HTC a été la première marque à sortie un smartphone sous Android. C’était le HTC Dream.

HTC reste dans le smartphone

Avec cette opération, HTC ne signe-t-il pas de fait son retrait du segment des mobiles ? À en croire l’intéressé, ce n’est pas du tout le cas : « HTC continuera d’avoir les meilleurs ingénieurs de sa catégorie, qui travaillent actuellement sur le prochain produit phare, suite au lancement réussi du HTC U11 plus tôt cette année », explique-t-il. Reste que le départ de 2 000 salariés va nécessairement l’affaiblir.

De toute façon, il n’y a pas que ce segment qui l’intéresse. Réalité augmentée, Internet des objets, intelligence artificielle : voilà quelques-uns des secteurs dans lesquels le groupe a l’intention de demeurer actif. Et bien sûr, la réalité virtuelle : « HTC continuera à construire l’écosystème de la réalité virtuelle pour développer son activité Vive, tout en investissant dans d’autres technologies de prochaine génération ».

Avant, le cas Motorola Mobility

Ce n’est pas la première fois que Google procède à ce genre d’opération. On se souvient qu’en 2011, la firme de Mountain View avait acheté Motorola Mobility pour le montant spectaculaire de 12,5 milliards de dollars. Il s’est toutefois avéré par la suite que ce qui intéressait surtout Google, c’était le portefeuille de brevets, composé de plus de 17 000 titres et dont la valeur est estimée à 5,5 milliards de dollars.

D’ailleurs, la compagnie américaine n’est pas restée très longtemps dans le giron du géant du net. En effet, début 2014, ce dernier a trouvé un repreneur avec Lenovo. Le constructeur chinois a alors accepté de débourser 2,9 milliards de dollars pour récupérer Motorola Mobility — une transaction qui s’est achevée quelques mois plus tard.

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