Mal à l'aise avec les questions sociétales soulevées par le développement de robots humanoïdes, et ne voyant pas de rentabilité à court ou moyen terme, Google préfère se débarrasser de sa filiale de robotique Boston Dynamics.

Erreur de casting. Alors que la maison-mère de Google, Alphabet, cherche à rationaliser ses actifs en ne conservant que ses filiales rentables ou avec un fort potentiel, la firme aurait décidé de mettre en vente Boston Dynamics, l’entreprise de robots militaires qu’elle avait rachetée fin 2013.

Selon Bloomberg qui dit s’appuyer sur deux sources proches du dossier, des cadres d’Alphabet auraient jugé que Boston Dynamics « ne produira probablement pas de produit commercialisable d’ici les quelques prochaines années », et ont donc décidé qu’il valait mieux confier les rênes de l’entreprise à un nouvel acquéreur. L’entreprise japonaise Toyota serait intéressée, ainsi qu’Amazon qui pourrait bénéficier du savoir-faire de Boston Dynamics en matière d’esclaves en ferraille, aussi obéissants qu’infatigables :

Mais outre la rentabilité à court terme, la raison de la vente serait plus profonde. Bloomberg rappelle en effet que le rachat de Boston Dynamics avait été décidé par Andy Rubin lorsqu’il était encore chez Google et en charge de la robotique. Rubin avait multiplié les acquisitions, avant de partir en octobre 2014. Or l’unité baptisée « Replicant » mise en place par Rubin n’aurait jamais fonctionné, avec de nombreuses dissensions internes, entre les équipes de Boston Dynamics et celles de Google. En d’autres termes, ce fut un fiasco.

Cerise sur le gâteau, Replicant a été intégré au sein du groupe de recherche Google X, perdant toute chance d’autonomie au sein du groupe Alphabet. En réalité, Google ne saurait pas quoi faire des compétences de l’entreprise, qui sont trop éloignées de ces préoccupations du moment.

Le malaise de Google face aux robots humanoïdes

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Mais enfin et surtout, les équipes marketing d’Alphabet craignent désormais que la réputation du groupe ne soit entachée par ces robots humanoïdes inquiétants, développés par l’entreprise.

« Il y a de l’excitation dans la presse tech, mais nous commençons aussi à voir des messages négatifs sur le fait que c’est terrifiant, prêt à prendre le travail des humains », s’est alarmée une directrice de la communication de Google, Courtney Hohne, dans un e-mail interne obtenu par Bloomberg. Elle a demandé à Google X de ne pas communiquer, après la diffusion de la vidéo d’Atlas (ci-dessus).

« Nous n’allons pas commenter cette vidéo, parce qu’il n’y a rien que l’on puisse vraiment ajouter, et nous ne voulons pas répondre à la plupart des questions qu’elle soulève ».

Une chance, peut-être, pour ceux qui craignaient de voir Google se constituer une armée robotisée.

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