Le temps du diesel et de l'essence ne durera pas éternellement. En Allemagne, les élus ont voté en faveur d'une transition imposant l'arrêt de la production et de la vente de voitures dotées de moteur thermique.

L’Europe deviendra-t-elle le premier continent à dire adieu aux voitures thermiques ? En tout cas une chose est sûre, un mouvement s’est enclenché dans certains pays depuis l’adoption de l’accord de Paris sur le climat fin 2015 et dont l’entrée en vigueur doit survenir en novembre. Des nations cherchent à fixer une échéance aux véhicules utilisant ce type de moteur et l’Allemagne en fait partie.

Outre-Rhin, la presse fait savoir que le conseil fédéral — ou Bundesrat dans la langue de Goethe — s’est prononcé pour la disparition de ces automobiles en 2030. Il faudra alors non seulement éjecter ces modèles des lignes de production mais aussi mettre un terme à leur vente. En revanche, il n’est pas question — pour le moment du moins — d’interdire aux particuliers de circuler avec leur voiture.

Soutenu à la fois par la droite (CDU, union chrétienne-démocrate) et la gauche (SPD, parti social-démocrate), le projet vise à mettre la pression sur la puissante industrie automobile allemande pour qu’elle s’oblige à basculer vers du tout électrique ou en tout cas vers des moteurs à combustion moins polluants, comme les moteurs à hydrogène. En Allemagne, le scandale Volkswagen a laissé des traces.

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D’ailleurs, Volkswagen fait beaucoup dans ce domaine, ne serait-ce que pour sauver une image de marque qui a été lourdement affectée. Peu avant le mondial de l’auto, le groupe a dévoilé sa vision de la voiture citadine de 2020 : un moyen de transport autonome et entièrement électrique capable de parcourir plus de 500 km sans avoir besoin d’être rechargé.

Si la fin de la circulation des voitures à essence et diesel n’est pas au programme à l’heure actuelle, on peut cependant penser que diverses incitations seront mises en place au cours des quatorze prochaines années afin que le grand public bascule le plus vite possible sur les moteurs de demain. D’ailleurs, celles-ci existent déjà de l’autre côté de la frontière mais elles peinent à porter leurs fruits. C’est que changer tout un parc automobile ne se fait pas du jour au lendemain.

Un mouvement européen

Outre l’Allemagne, d’autres pays sont sur le coup.

Du côté de la Norvège, des articles de presse parus cet été ont parlé d’un consensus politique pour imposer la vente de véhicules n’émettant plus de particules polluantes. Il était alors question d’une bascule en 2025. Cette perspective avait évidemment ravi Elon Musk, le fondateur de Tesla, un constructeur automobile spécialisé dans les voitures électriques.

Au Royaume-Uni, des programmes sont mis en place pour que tout le pays utilise d’ici 2050 des véhicules peu polluants. C’est un plan qui apparaît moins ambitieux que ce qui se fait ailleurs, mais la trajectoire est globalement la même. Et surtout, ce qui peut sembler moins ambitieux peut aussi apparaître comme plus réaliste à atteindre. L’enjeu climatique pourrait toutefois imposer un rythme plus pressant.

Et en France ? Il n’existe pas encore de deadline similaire à celle qui a été fixée par le conseil fédéral allemand mais on devine bien que le but est d’abandonner tôt ou tard ces moteurs. À l’ouverture du salon, la ministre de l’environnement Ségolène Royal a souhaité le déploiement d’un million de bornes de recharge sur tout le territoire d’ici 2020 et évoqué le crédit d’impôt pour les particuliers.

À lire sur Numerama : Voiture électrique  : Ségolène Royal veut 1 million de bornes d’ici 2020

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