Nintendo peut vraiment remercier Pokémon Go. Grâce au jeu, l'entreprise vient d'obtenir son meilleur cours boursier depuis cinq ans. De quoi la convaincre d'aller encore plus loin dans le mobile ?

L’enthousiasme délirant dont bénéficie Pokémon Go depuis sa sortie sur Android et iOS ne faiblit pas. Deux semaines après son lancement, la fièvre continue de gagner les joueurs de nombreux pays, à mesure que ce jeu fondé sur le principe de la réalité augmentée s’ouvre à de nouveaux pays. Et dans cet engouement généralisé, il y en a un qui se frotte les mains : c’est Nintendo.

Cela fait maintenant quinze jours que l’entreprise japonaise profite à plein du succès de Pokémon Go. Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’évolution de son action en bourse. Le cours n’a quasiment pas connu de baisse depuis le 6 juillet. L’ascension se fait pratiquement sans pause, ce qui lui a permis au passage de retrouver des niveaux que la société n’avait plus connus depuis avril 2010.

Nintendo bourse
Le cours boursier de Nintendo ces cinq dernières années.

Dans le feu de l’action, Nintendo en a même profité pour dépasser Sony sur le terrain de la capitalisation boursière : l’entreprise à l’origine de Mario, Donkey Kong et Zelda pèse plus de 38 milliards de dollars, tandis que la société célèbre pour ses walkmans et ses Blu-rays plafonne autour des 34 milliards de dollars. Reste à savoir quand tout cela prendra fin : car les fièvres ne sont pas éternelles.

Le plus fou dans toute cette histoire, c’est que Nintendo n’est même pas à l’origine de Pokémon Go. C’est une coproduction entre Niantic, une ex-filiale de Google axée dans le développement de jeux pour mobile, et The Pokémon Company. Le lien qui existe entre Nintendo et Pokémon Go est en fait indirect, puisqu’il se fait via la participation du premier dans le capital de The Pokémon Company.

The Pokémon Company a été fondée en 1998 et les parts de cette coentreprise sont réparties à parts égales entre Nintendo, Game Freak et Creatures Inc. Dans les faits, l’on pourrait croire que l’influence de Nintendo est limitée, mais Game Freak et Creatures Inc travaillent presque exclusivement avec le constructeur nippon, le premier dans le secteur des jeux vidéo, le second dans l’univers des cartes à jouer.

À cela, il faut aussi ajouter la présence de Nintendo dans le capital de Niantic. La société a d’ailleurs reçu le soutien de Google et Nintendo, via une levée de 20 millions de dollars qui a eu lieu l’automne dernier.

Nintendo tâtonne dans le mobile

Ces explications en tête, il est plus facile de comprendre pourquoi Nintendo bénéficie du succès de Pokémon Go. Les observateurs et les investisseurs considèrent que la réussite de ce jeu dans le mobile va agir comme un électrochoc et inciter le constructeur nippon à muscler sa stratégie dans ce secteur. Car pour l’instant, sa seule tentative — Miitomo — n’a pas produit les effets escomptés malgré un démarrage record.

Le principe de Miitomo est, il est vrai, déconcertant. Ce n’est pas un jeu traditionnel, mais un outil pour générer des conversations inattendues avec ses proches, à travers une série de questions / réponses. Plutôt curieux pour une entreprise qui a pourtant un bagage d’une qualité incontestable dans le domaine du jeu vidéo. De ce fait, tout le monde espérait autre chose.

miitomo
L’OVNI Miitomo

Justement, les choses devraient évoluer favorablement dans les mois qui viennent. En effet, il est prévu d’adapter Animal Crossing et Fire Emblem sur smartphone. Deux titres que les joueurs connaissent bien : le premier est une simulation de vie mettant en scène des personnages anthropomorphes, tandis que le second est un RPG tactique dans lequel le joueur dirige des héros dans un univers médiéval-fantastique.

À l’heure actuelle, Pokémon Go est disponible en Amérique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans la majorité des pays européens. Dans le cas de la France, la sortie du titre a été retardée à la suite de l’attentat survenu à Nice. Le jeu doit toutefois être lancé cette semaine dans l’Hexagone. Mais il existe des solutions pour avoir le jeu en avance, que ce soit sur Android ou sur iOS.

À lire sur Numerama : Nous avons testé Pokémon Go  : un jeu cheap, fun et chronophage

Crédit photo de la une : Jeff Dlouhy

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