Le propriétaire d'une Tesla Model S a été sauvé par l'Autopilot après s'être endormi au volant, dans un état d'ébriété. Comment a opéré l'intelligence artificielle pour éviter le drame ?

Comment une voiture est-elle programmée pour éviter le pire si son conducteur vient à s’endormir au volant ? L’ enjeu est de taille dans la conduite de demain, laquelle est amenée à être de plus en plus automatisée.

Comme le rapporte Electrek dans un article publié le 2 août, le propriétaire norvégien d’une Model S a échappé de peu à un drame sur une voie rapide. Ivre, il a pris le volant de son véhicule jusqu’à s’endormir, comme le prouve une vidéo filmée par un autre automobiliste. Par chance, il a été sauvé par l’Autopilot, qui a agi comme il était programmé pour le faire : en ralentissant la voiture jusqu’à l’arrêt total, après avoir constaté que plus personne n’était maître à bord.

S’endormir au volant reste une situation compliquée à gérer

La manière dont une Tesla agit quand elle détecte que le conducteur n’est plus du tout attentif derrière le volant est clairement indiquée dans le manuel d’utilisation (onglet ‘Autopilot’ puis ‘Assistance au maintien du cap’, un équipement de série) : « Si vous ignorez les messages successifs de l’Assistance au maintien de cap vous invitant à garder vos mains sur le volant, la fonction d’Assistance au maintien de cap se désactive pour la fin du trajet et affiche le message suivant (Ndlr : Maintien de cap indisponible pour le reste du trajet).Si vous ne passez pas en conduite manuelle, l’Assistance au maintien de cap émet un avertissement sonore continu, active les feux de détresse et ralentit le véhicule jusqu’à son arrêt complet.  »

Dans un monde idéal, on pourrait imaginer une voiture capable de se ranger seule sur le bord de la route pour écarter au maximum le danger. Mais ce volet de sécurité supplémentaire nécessite des technologies poussées, qui permettraient alors à l’intelligence artificielle de se sortir d’une situation d’urgence sans aucune intervention humaine. C’est la définition de la conduite autonome, ce que n’est pas, pour l’heure, l’Autopilot de Tesla. Aujourd’hui, ses différentes évolutions ne l’autorisent pas encore et on comprend aisément pourquoi : toutes les routes ne se ressemblent pas et c’est donc le principe du cas par cas qui s’applique (il n’est pas toujours possible de s’arrêter sur les côtés). Dans le fait divers énoncé plus haut, la Model S, qui roulait sur la voie la plus à gauche, n’aurait pas pu se rabattre sur la droite pour deux raisons : il y avait une voiture à ses côtés et, en Europe, les Tesla ne peuvent pas changer de voie sans l’aval du conducteur (aux États-Unis, c’est possible, en vertu d’une régulation plus permissive).

Autopilote Tesla // Source : Capture du 1er mars 2019

D’aucuns pourraient estimer que faire s’arrêter une voiture en plein milieu d’une autoroute est très dangereux. C’est tout à fait vrai. Mais il convient de rappeler que laisser une voiture rouler seule avec un conducteur inconscient derrière le volant peut aboutir à des conséquences dramatiques — comme le rappelle cette vidéo d’une caméra embarquée, partagée par un article d’Auto News datant du 21 juin. S’arrêter sur la route avec les warning activés permet normalement d’éviter un carambolage, à partir du moment où les distances de sécurité sont respectées. La solution choisie par Tesla pour éviter au maximum les accidents n’est pas une option idéale, plutôt un moyen de renforcer la sécurité dans une situation susceptible de devenir tragique. Comme le rappelle le site de la Sécurité routière, avoir des signes de somnolence multiplie par 3 ou 4 les risques d’avoir un accident dans la demi-heure qui suit.

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