Dyson a commenté ses premiers brevets sur la voiture électrique. Que peut-on en penser ?

C’est un fait : Dyson fait d’excellents aspirateurs. Tous ont des moteurs, certains ont des roues. Mais est-ce un savoir-faire suffisant pour se lancer sur le marché de l’automobile ? James Dyson, architecte de la réussite de l’entreprise qui porte son nom, y croit beaucoup. Cette passion pour l’automobile n’est pas neuve et le designer espère vraiment marquer le marché de son empreinte. Et si pour l’heure rien de concret n’a été dévoilé, Dyson rappelle son projet à la presse en commentant — chose rare — une série de brevets obtenus par son entreprise. Tous concernent la voiture électrique.

Que dire de ces brevets (1, 2, 3, 4) ? Tout d’abord, qu’ils sont très loin de dévoiler un design final ou même des caractéristiques pour un véhicule. Si on prenait le design de référence qui figure sur les schémas techniques comme patron, on pourrait dessiner la plupart des citadines commercialisées aujourd’hui, électriques ou non. Ensuite, on remarque que les brevets ne concernent pas le cœur du véhicule, mais uniquement les roues et le design général, notamment en termes d’aérodynamique.

Vers une citadine sportive ?

Concernant les roues, James Dyson détaille ses intentions dans une lettre à ses employés : « Les brevets montrent un véhicule avec de larges roues résultant à une plus faible résistance au mouvement et une garde au sol élevée. Ceci en fait un véhicule adapté à
un usage urbain, mais aussi à des terrains accidentés, tout en contribuant également à accroître son autonomie et son efficacité, essentielles pour un véhicule dont chaque joule d’énergie doit être utilisée à bon escient  ».

Le designer estime que les roues doivent donc contribuer à l’efficacité énergétique d’un véhicule électrique tout autant qu’à la manœuvrabilité. Pour autant, le schéma lié au brevet ne montre pas, à première vue, des roues démesurées — tout juste peut-on reconnaître qu’elles ont été placées aux limites avant et arrière du véhicule.

Brevet Dyson sur la voiture électrique // Source : Dyson

On s’étonnera plus de la position des sièges, qui est un élément à prendre en compte. James Dyson explique dans la même lettre que « le conducteur adopte une position plutôt inclinée, ce qui pourrait permettre d’avoir un habitacle plus bas et un pare-brise moins profond réduisant la résistance et augmentant ainsi son autonomie et la taille de l’habitacle  ». On se doute que le schéma ne montre pas un placement définitif, mais l’idée derrière le brevet montre en tout cas une position du conducteur qui ne lui donnerait pas une visibilité maximale sur la route.

On pense alors à des véhicules typés sport, mais ce serait dommage que Dyson perde de vue les désirs du grand public : aujourd’hui, si le SUV est plébiscité, c’est qu’il garantit de l’espace dans l’habitacle pour les familles et une bonne hauteur du conducteur par rapport à la route. Rappelons à ce titre que le constructeur imagine trois véhicules.

Gardons-nous d’enterrer les plans de Dyson avant même d’avoir vu un premier prototype : l’entreprise emploie 500 personnes pour ses projets et multiplie les investissements dans ses « hangars » britanniques pour accueillir de nouveaux ingénieurs. Des pistes d’essai sont aussi en construction, tout comme une usine à Singapour. Et si Dyson s’adresse souvent à des clients fortunés, l’entreprise s’est rarement trompée : sur le marché des soins du cheveu, ses produits sont plébiscités et on ne présente plus sa gamme de ventilateurs, purificateurs et dispositifs de séchage que l’on voit dans tous les restaurants.

L’un des hangars dédiés à la voiture électrique // Source : Dyson

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