En moins de 2 ans, Xpeng est passé du statut de marque inconnue à celui d’acteur crédible du marché électrique français. En 2026, la marque chinoise vise 6 000 immatriculations. Un objectif ambitieux, mais pas complètement hors sol.

Quand Xpeng débarque en France en 2024, la marque a tout à construire : un réseau et une notoriété. Fin 2024, elle totalise malgré tout 511 immatriculations, avec une répartition entre ses deux modèles et entre les types de clientèle déjà bien établie. Le chiffre grimpe à 3 313 unités en 2025, pour environ 4 000 commandes enregistrées. La progression est nette (+548 %), presque spectaculaire à l’échelle d’un nouvel entrant. Il sera forcément difficile d’afficher la même progression en 2026, la marque s’étant fixé des objectifs bien plus réalistes.

Numerama a assisté le 27 janvier à la présentation du bilan de la marque et de ses ambitions pour 2026. Parmi les données à retenir, Xpeng vise 6 000 immatriculations pour 7 200 commandes. La majorité des volumes sera réalisée sur les deux modèles existants, G6 et G9. Mais l’arrivée de la grande berline P7+, puis de trois nouveautés en fin d’année, devraient aussi accompagner cette montée en puissance.

Une gamme doublée pour la fin de l’année

Pour le premier semestre, c’est la grande berline P7+ qui capte toute l’attention. Le modèle est désormais disponible à la commande à partir de 45 990 € pour un véhicule de plus de 5 m de long, avec un équipement et des performances dignes d’un segment supérieur. Les premières livraisons débuteront au deuxième trimestre 2026 avec une production réalisée à l’usine de Magna en Autriche (comme pour les G6 et G9).

Xpeng table sur environ 500 commandes pour la P7+ en 2026, un volume loin d’être évident à atteindre sur cette catégorie de voiture en France. Pendant ce temps, la marque vise 4 200 exemplaires pour le G6 (+65 %) et 1 000 unités pour le G9 (+31 %).

Recharge du Xpeng G6  // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
La recharge du Xpeng G6 est un de ses points forts. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Le second semestre, avec le Mondial de l’Auto de Paris en point d’orgue, servira de tremplin à pas moins de trois nouveautés : un SUV électrique du segment C (le plus abordable de la gamme), un autre du segment D, mais également un SUV 7 places pour compléter l’élargissement de la gamme. La gamme passera de 3 à 6 modèles. Ces trois nouveautés représentent à elles seules 1 500 commandes espérées d’ici à la fin de l’année. Les équipes commerciales de Xpeng ne vont pas chômer pour convaincre les clients de signer, même si la technologie, les performances et le niveau d’équipement constituent déjà de solides arguments.

Une concession Xpeng à moins de 50 minutes des clients

Xpeng a plus que doublé son nombre de concessions entre 2024 et 2025, passant de 30 à 70 points de vente à la fin de l’année. L’objectif est désormais d’atteindre 100 revendeurs d’ici à fin 2026. Un objectif qui pourrait même être dépassé, puisque les signatures en cours portent déjà le réseau à environ 85 concessions.

S’il reste encore quelques zones en France où la marque chinoise manque de revendeurs, la plupart des grandes villes sont déjà couvertes ou le seront très prochainement. Le maillage est pensé pour que les clients disposent d’un centre Xpeng à moins de 50 minutes de route.

Production des Xpeng en Autriche  // Source : Magna Steyr
Production des Xpeng en Autriche. // Source : Magna Steyr

Le développement du réseau n’est pas un sujet très glamour, mais c’est souvent là que tout se joue. Plus de concessions, c’est moins de kilomètres à parcourir pour essayer une voiture, davantage de visibilité locale et surtout plus de réassurance pour des clients encore méfiants vis-à-vis des nouvelles marques chinoises. C’est aussi plus de proximité pour les questions d’entretien et de service après-vente.

Les petites entreprises dans le viseur

Le grand SUV Xpeng G9 est majoritairement acheté par des particuliers. En revanche, pour l’ensemble de la gamme, la situation est différente : les particuliers ont représenté en 2025 un peu plus de 66 % des immatriculations. La marque a donc décidé de muscler son jeu et son offre pour séduire les flottes et intégrer les listes de véhicules autorisés de certaines grandes entreprises, un exercice où la concurrence avec les marques européennes est rude.

Xpeng va aussi tenter de séduire les entreprises plus petites, moins contraintes par les règles de déduction liées aux avantages en nature, mais plutôt intéressées par des véhicules électriques offrant une bonne autonomie et une recharge rapide pour enchaîner les rendez-vous clients.

La vraie inconnue : la concurrence chinoise (et européenne)

Le principal angle mort du plan Xpeng reste la concurrence. Pour l’instant, la marque évolue dans un espace encore relativement dégagé. Polestar commence à peine à se redéployer et Zeekr n’est pas encore officiellement lancé en France. BYD pourrait aussi jouer les trouble-fêtes, même si le groupe chinois n’a pas réussi à égaler les performances du G6, ni avec la BYD Seal ni avec la Sealion 7, des modèles globalement moins technologiques que ceux de Xpeng.

Mais, si Zeekr arrive avec une stratégie agressive, des produits bien positionnés et des moyens marketing conséquents, l’équation pourrait se compliquer pour Xpeng. Le marché français n’est pas extensible à l’infini, notamment sur le segment électrique premium. La concurrence européenne a, elle aussi, décidé de muscler son jeu, que ce soit BMW avec l’iX3, Mercedes avec le duo CLA et GLC électriques ou encore Volvo avec l’EX60. La bataille s’annonce intéressante.

En 2025, le Xpeng G6 a été la voiture électrique chinoise la plus vendue en France. Reste à voir si le modèle parviendra à reproduire cette performance en 2026.

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