Plusieurs constructeurs chinois ont démarré leur activité en France en 2025, d’autres ont l’objectif de le faire en 2026. Pourtant, après une période assez porteuse en 2023, les marques chinoises ne sont plus vraiment à la fête sur le marché français pour leurs voitures électriques. À tel point que certains de ces constructeurs misent désormais plutôt sur l’hybride pour assurer le volume nécessaire.
L’arrivée de nouveaux acteurs chinois continue toutefois d’alimenter la menace d’un raz-de-marée de voitures électriques chinoises. Mais que révèlent les statistiques d’immatriculations de 2025 à ce sujet ? Nous avons compilé toutes les données AAA Data à notre disposition.
Que se cache-t-il derrière la hausse apparente du nombre de véhicules chinois en France ?
Le nombre de véhicules de marques chinoises immatriculés a indéniablement augmenté en France : 54 941 unités en 2025 contre 31 045 en 2024. Leur part de marché atteint 3,4 % des 1,6 million de véhicules immatriculés en France. Cela reste inférieur à la moyenne européenne se situant autour de 10 %. Cette part atteint même 4 % si l’on ajoute les véhicules des marques que l’on ne sait plus trop où classer, entre Europe et Chine (Polestar, Lynk & Co, Lotus, Smart et Volvo).

Lorsque l’on se concentre uniquement sur les véhicules électriques, une augmentation est également visible : 18 515 voitures électriques chinoises ont été immatriculées en 2025, contre 16 135 exemplaires en 2024. Pourtant, malgré la multiplication des constructeurs chinois et la montée en puissance des autres, ce résultat ne provoque pas de réel chamboulement.
| Immatriculations | Part de marché des ventes de VE | |
|---|---|---|
| 2023 | 28 197 | 9,5 % |
| 2024 | 15 910 | 5,5 % |
| 2025 | 18 515 | 5,7 % |
Pour comparaison, les deux marques coréennes (Hyundai et Kia) disposent de 4,7 % de part de marché des véhicules électriques en 2025, pour un seul groupe étranger que l’on ne perçoit plus comme une menace.
Dans l’ensemble, malgré des réseaux commerciaux qui se sont développés en France, les immatriculations restent bien inférieures à 2023, lorsque MG dominait très largement la part des immatriculations chinoises parmi les électriques vendues en France. Ce qui n’est plus le cas en 2025.
| Marque | Immatriculations VE en 2025 |
|---|---|
| BYD | 7 423 |
| MG | 3 933 |
| XPENG | 3 313 |
| LEAPMOTOR | 3 046 |
| SKYWORTH | 639 |
| AIWAYS | 93 |
| SERES | 66 |
| DONGFENG | 1 |
| FAW | 1 |
En revanche, si l’on observe les constructeurs chinois toutes motorisations confondues, les résultats sont assez différents, jusqu’à l’ordre d’influence des constructeurs sur le marché français.
| Marque | Immatriculations totales |
|---|---|
| MG | 33 729 |
| BYD | 13 533 |
| LEAPMOTOR | 3 561 |
| XPENG | 3 313 |
| SKYWORTH | 639 |
| AIWAYS | 93 |
| SERES | 66 |
| JAECOO | 5 |
| DONGFENG | 1 |
| FAW | 1 |
Le déclin de MG sur l’électrique
MG a renoué avec la croissance en 2025, avec une hausse de 27 %, après une année 2024 affichant une baisse de 26 %. Cependant, ce bon résultat ne doit presque rien aux voitures électriques de la marque. L’ancienne star des classements, la MG4, a baissé de 60 % en 2024, et une nouvelle fois de 69 % en 2025. Elle termine l’année avec 2 532 exemplaires immatriculés, quand elle en réalisait plus de 20 000 deux ans plus tôt.

Le nouveau MG S5 EV vient un peu en renfort de la gamme avec un peu plus de 1 000 unités, mais cela reste loin des résultats d’un MG ZS EV les années précédentes. Quant au Cyberster, malgré sa proposition séduisante, il peine à se vendre avec 271 cabriolets en un an, dont plus de 56 % sont des immatriculations tactiques, réalisées par les concessions de la marque.

MG a pourtant tout mis en œuvre en matière de remise pour attirer de nouveau les clients vers ses électriques. Sans le précieux sésame du bonus/coup de pouce CEE, et malgré des tarifs encore plus bas qu’à l’époque du bonus, la clientèle n’est plus au rendez-vous. Le constructeur s’est donc rattrapé avec ses véhicules hybrides et hybrides rechargeables. On se demande néanmoins comment la marque va pouvoir relancer ses véhicules électriques.
BYD a plus que doublé ses immatriculations
BYD réalise près de 150 % de croissance en 2025 en France. Le constructeur chinois a également presque doublé sa gamme en un an, passant de 7 modèles tous électriques à plus de 10 modèles dont certains sont déclinés en hybrides rechargeables. Avec une politique commerciale agressive et tous les investissements publicitaires réalisés pour créer la notoriété de la marque, il n’était pas étonnant que la marque affiche une croissance importante.

Pour autant, en tant qu’observateurs du marché de l’électrique, ce résultat nous laisse sur notre faim. Finalement, le modèle le plus vendu en France est le premier modèle à avoir été introduit en motorisation hybride rechargeable. Le Seal U DM-i (PHEV) réalise 5 819 immatriculations, quand son pendant 100 % électrique n’en fait que 492. Du côté des meilleures ventes électriques : la berline Seal et le Sealion 7 affichent des résultats moyens avec respectivement 1 797 et 1 673 exemplaires, dont beaucoup de VTC et autres sociétés. Si l’on imaginait bien volontiers un succès pour la petite Dolphin Surf, c’est finalement une déception, avec près de 47 % d’immatriculations pour les concessions.

C’est finalement sur les modèles premium intermédiaires que le constructeur trouve son public, les modèles d’entrée de gamme étant quelque peu boudés par les particuliers (comme pour MG, à cause de l’absence d’aides gouvernementales) et le très haut de gamme n’attirant pas non plus. Un résultat qui surprend par rapport aux habitudes d’achat du marché français.
Leapmotor, une accélération spectaculaire
Fin 2024, les immatriculations de Leapmotor n’étaient que de 330 exemplaires. Il faut se rappeler qu’avant cela, la marque existait déjà en France à travers un importateur. Le premier semestre 2024 était donc une période de transition durant laquelle seuls quelques modèles isolés détenus par l’importateur ont été immatriculés, avant que Stellantis ne reprenne le relais à la rentrée 2024, avec le salon du Mondial de Paris comme opportunité de lancer la marque en France.

Leapmotor a quand même immatriculé 3 561 véhicules, dont 3 046 voitures électriques. C’est la citadine T03 qui a bien fonctionné, avec 2 532 immatriculations à elle seule. Il reste à voir si le succès va se confirmer en 2026 avec ses nouveautés. Le modèle B10 semble recevoir un accueil intéressant des clients, on peut imaginer que le constructeur va continuer sur sa lancée.
Xpeng n’a pas à rougir de ses performances
Le constructeur Xpeng n’a ni déployé les moyens publicitaires de BYD, ni profité de l’appui d’un grand groupe européen pour développer son réseau. Pourtant, la jeune marque chinoise a plutôt bien assuré sa croissance en France, avec une bonne dose d’huile de coude.

La gamme du constructeur n’a reposé en 2024 et 2025 que sur deux modèles premium, il était donc difficile d’imaginer que la marque puisse réaliser de forts volumes sur le marché français. Finalement, en y regardant de plus près, le Xpeng G6 avec ses 2 549 immatriculations fait mieux que les BYD Seal ou Sealion 7. Comme quoi, un bon véhicule au bon prix finit toujours par trouver sa clientèle. Espérons que la marque puisse maintenir sa croissance en 2026, voire l’augmenter.

Skyworth, le constructeur fantôme
Skyworth est probablement la marque la plus mystérieuse avec sa 5e place parmi les constructeurs chinois. La marque a immatriculé 639 véhicules électriques depuis le mois de septembre 2025, un score plus qu’honorable pour un constructeur dont l’activité en France démarre de zéro. Xpeng n’avait réalisé que 511 immatriculations en 2024 pour ses deux véhicules premium. Derrière ce chiffre de 639 exemplaires se cache pourtant un grand mystère : où sont ces véhicules et qui les a réellement immatriculés ?

Aucun des modèles immatriculés ne l’a été par un particulier : c’est la première donnée qui surprend. La seconde, c’est que durant les premiers mois, les immatriculations ont été réalisées soit par Skyworth France (immatriculation garage) — normal au lancement d’un modèle — soit par sa branche fiduciaire « Skyworth Financial Services » (classé comme ventes aux sociétés). Puis sont apparues des immatriculations d’un loueur courte durée. En dehors de 2 modèles en vente depuis plusieurs mois sur Leboncoin, par l’un des rares concessionnaires qui a confirmé avoir pris l’enseigne, rien ne bouge.
Même parmi la communauté de fans de VE, personne n’a remarqué la présence d’une telle nouveauté sur les routes. Depuis sa présence au Mondial de Paris en 2024, la marque n’a plus fait de communication auprès des médias, pas plus que d’essais de son modèle, cette méthode n’ayant pas forcément bien réussi à Vinfast. Il n’y a bien que quelques publicités sur les réseaux sociaux qui donnent un faible signe de vie. Une marque à observer en 2026.
Au revoir Aiways, Seres… bonjour Jaecoo, Omoda, Geely, Zeekr, GAC…
Se lancer en Europe et en France ne suffit pas toujours pour survivre plus que quelques années. Aiways et Seres n’auront plus d’avenir en 2026. Toutefois, de nouveaux joueurs ont bien l’intention de tenter leur chance. Le groupe Chery a procédé au lancement des marques Jaecoo et Omoda en France à la fin 2025.

Le groupe Geely (qui détient aussi Volvo, Polestar, Lotus, Lynk & co et 50 % de Smart) continue aussi de s’étendre. D’abord avec sa marque premium et technologique Zeekr qui devrait se lancer prochainement, et par ailleurs sous sa propre marque mère : Geely. Ce n’est pas toujours simple de suivre.
Le groupe GAC avait aussi des ambitions de lancement en France à l’horizon, mais sans plus de précision pour l’heure sur l’ouverture des ventes en France. Nio, au travers de Firefly, doit aussi se développer en Europe. Cependant, la France n’est pas un marché prioritaire, malgré sa taille ; l’arrivée de ce jeune groupe chinois ne se fera probablement pas cette année.
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