Certains pays comme la Thaïlande progressent vite sur la voiture électrique, alors même que leur infrastructure électrique est un véritable chantier. L’édito de la newsletter Watt Else du 18 janvier est sorti un peu de l’ordinaire pour vous inviter au voyage.

Pourquoi la Thaïlande, me direz-vous ? C’est un pays de cœur, où je me rends chaque année depuis plus de dix ans. Rassurez-vous, le sujet du jour est bien la voiture électrique. Malgré la tentative de déconnexion, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller vérifier les statistiques des voitures électriques du pays, et elles sont vraiment fascinantes.

Alors que l’année dernière, les voitures électriques se comptaient encore sur les doigts d’une main sur les routes de Phuket – ce qui pourrait correspondre à notre Côte d’Azur –, la situation est très différente cette année. Et, ce n’est probablement qu’un début. 

+ 684 % d’immatriculations de VE par rapport à 2022

Selon les chiffres publiés par autolife thailand, la Thaïlande est passée de 9 729 voitures électriques en 2022 à 76 314 sur l’année 2023. À titre de comparaison, la France en a immatriculé un peu moins de 300 000. Mais, si l’on poussait le vice en confrontant la Thaïlande à l’Europe élargie, le pays se classerait alors en 8ᵉ place, devant l’Italie ou le Danemark. Surprenant ! 

BYD Dolphin et Atto3 en charge en Thailande // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
BYD Dolphin et Atto3 en charge en Thailande // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

La progression est spectaculaire, avec + 684 % par rapport à 2022. C’est d’autant plus impressionnant qu’en 2021, il y avait moins de 2 000 VE immatriculés, et à peine 1 000 l’année d’avant. La voiture électrique représente déjà 12 % des parts du marché automobile du pays en 2023. Il y a donc une vraie adoption de cette motorisation.

Une domination sans appel des Chinois

Depuis des années, les marques japonaises (Toyota, Honda, Isuzu, Mitsubishi) règnent en maîtresses sur les routes thaïlandaises, et sur le classement des immatriculations, avec leurs voitures thermiques ou hybrides.

Sauf que lorsqu’on regarde du côté de l’électrique, le paysage est tout autre. Si l’on cherche les Japonais, il faut aller trouver les rares 60 Toyota BZ4X (28ᵉ place), les 51 Lexus RZ 450e (29ᵉ) ou les 4 Honda e (pas mieux que chez nous ou presque). Autre surprise, ce n’est pas Tesla qui domine le marché non plus. Le constructeur américain n’a ouvert ce marché que tardivement, par conséquent il n’arrive qu’en 4ᵉ place des constructeurs avec 8 206 voitures, majoritairement des Model Y vendus à partir de 45 220 €

Avec 40 % de part de marché, le grand gagnant est le chinois BYD, plaçant en tête des ventes l’Atto3 et la Dolphin. J’ai aussi été étonnée de croiser plusieurs berlines BYD Seal. Déjà plus de 1 800 exemplaires ont été immatriculés depuis novembre, contre seulement 51 en France sur la même période. Il faut dire que les modèles BYD sont vendus environ 10 000 € moins cher qu’en France (mais restent plus chers qu’en Chine). 

Neta V en Thaïlande // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Neta V en Thaïlande : l’équivalent d’une Dacia Spring en plus techno // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

La marque chinoise Neta occupe la seconde place avec un unique modèle. La Neta V est une voiture électrique abordable, inconnue en Europe, mais qui cartonne en Thaïlande grâce à un prix démarrant autour de 14 000 €. Malgré une présence historique en Thaïlande, MG n’arrive qu’en 3ᵉ place, juste derrière Neta. La MG 4 et les autres références ne semblent pas susciter le même enthousiasme que BYD. Enfin, c’est Great Wall Motor avec sa Ora (Good) Cat qui termine ce Top 5. Preuve de son succès, c’est un modèle que j’ai croisé quasiment à chacune de mes sorties.

Il est impressionnant d’observer que ces 4 marques (BYD, Neta, MG et Ora) représentent à elles seules plus de 82 % des immatriculations des voitures électriques en Thaïlande. Je reste curieuse de voir comment tout ceci va évoluer, et surtout de savoir comment le pays va se débrouiller avec la recharge de tous ces véhicules. C’est un sujet qui s’annonce encore plus corsé qu’en France, au vu des infrastructures électriques (chaotiques) du pays.

Ora Good Cat en Thailande // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Ora Good Cat en Thailande // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

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