Quel est le prix acceptable pour un scooter électrique ? Pourquoi sont-ils vraiment plus onéreux que les thermiques, alors que leur qualité n’est pas toujours au niveau ?

Commençons par enfoncer une porte ouverte : les véhicules électriques coûtent plus cher que les thermiques, et les scooters ne dérogent pas à la règle. Mais pourquoi ?

Si vous vous intéressez à l’essor des deux-roues à basse émission (peut-être, vivez-vous à Paris et souhaitez-vous échapper au stationnement payant des deux-roues thermiques), il ne vous aura pas échappé que l’écart de prix est important, allant parfois même du simple au double. Pourtant, sur le papier, un scooter électrique est plus simple à fabriquer qu’un thermique et il y a moins de pièces : une batterie alimente un moteur électrique qui fait tourner les roues.

Il faut comprendre que le tarif d’un véhicule dépend aussi d’autres éléments, comme la taille du marché et sa maturité. Cela fait des décennies que les constructeurs produisent des scooters thermiques à la chaîne et en grosse quantité, leur permettant de faire des économies d’échelle. Le paysage des scooters électriques est, lui, balbutiant, voire instable. Des acteurs se lancent et disparaissent après seulement un an, d’autres pivotent tous les trimestres, et quasiment tous fonctionnent sur le même modèle : importer des moules chinois à bas coût et les assembler puis les revendre.

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Le nouveau BMW CE04 est vendu 12 150 euros. // Source : Louise Audry pour Numerama

Les usines fournissent encore peu de volume par rapport à celles des thermiques, et les tensions géopolitiques et structurelles du début des années 2020 n’aident certainement pas les vendeurs de scooters électriques à abaisser leurs tarifs. Depuis le printemps 2022, les prix des deux-roues ont même augmenté d’environ 10 à 15 %, notamment à cause des pénuries de composants, mais également des difficultés d’acheminements par les mers et océans. Un exemple : la Super Soco TC Max, une référence sur le segment des motos électriques depuis plusieurs années, coûte aujourd’hui au minimum 5 600 euros, alors qu’elle pouvait s’acheter à moins de 5 000 euros l’an dernier.

C’est pourquoi il faut se rendre à l’évidence : là où il sera facile de trouver un scooter thermique 50cc à moins de 2 000 euros, les équivalents électriques se monnaient plutôt aux alentours des 3 000, et ce n’est encore rien par rapport aux équivalents 125. Il est donc normal de dépenser un peu plus pour passer à l’électrique… Mais, jusqu’où doit-on accepter de vider son portefeuille ? Si vous hésitez à passer à l’électrique, la question viendra forcément en tête.

À la rédaction de Numerama, nous testons depuis des années des deux-roues électriques pour notre rubrique Vroom, ce qui nous a permis de déterminer quels sont les meilleurs scooters électriques actuellement, qu’ils soient équivalents 50 ou 125. Le montant que vous pouvez mettre dans un scooter électrique restera toujours une variable qui vous est propre, mais nous pouvons vous donner quelques conseils par rapport à l’écosystème global des deux-roues.

Quel prix acceptable pour un scooter électrique équivalent 50 ou 125 ?

Déjà, il faut savoir qu’un équivalent 50 ne vaut pas la même chose qu’un équivalent 125 : ce dernier sera souvent vendu à 5 000 euros et plus, car il va plus vite, sa puissance moteur est plus grande, et souvent, il a de plus grosses batteries (il faut plus d’énergie pour se déplacer plus rapidement).

À l’inverse, un équivalent 50 correct pourra se trouver aux alentours de 2 500 euros (comme le Niu MQI+ Sport, par exemple), même si la hausse des prix actuelle pousse de plus en plus les revendeurs à faire passer les modèles au-dessus des 3 000 euros (RIP le Super Soco Cux, devenu trop cher depuis sa hausse de 500 euros).

Pourquoi certaines marques sont encore plus chères ?

Vous avez peut-être en tête des marques bien spécifiques, comme le BMW CE 04 vendu 12 150 euros sans option ou le Unu 2021, vendu presque 4 000 euros bien que bridé à 45 km/h. Chaque marque avance en fait ses arguments et ses spécificités. Ainsi, BMW est incontestablement au-dessus du lot avec son nouveau modèle puissant et robuste, et peut se targuer de fournir un des rares scooters qui ne se dépréciera pas à la revente d’ici à quelques années. À l’inverse, certains acheteurs potentiels pourraient se dire qu’il est ridicule de dépenser plus de 12 000 euros alors que des concurrents proposent des maxi scooters avec une meilleure autonomie, 30 ou 40 % moins cher.

De son côté, Vespa a fait l’erreur en 2018 de lancer un premier scooter électrique bien trop cher : 6 790 euros pour un équivalent 50, soit presque le prix de deux thermiques. Même s’il existe une version qui pousse jusqu’à 70 km/h pour 200 € de plus, le tarif reste mirobolant. Et, fort heureusement, peu courant. Sa maison mère Piaggio a peut-être appris de l’erreur : elle propose depuis peu un Piaggio électrique à 3 200 euros, que Numerama n’a pas encore testé.

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Le Vespa Elettrica. // Source : Piaggio Group

Du côté de Unu (qui connait visiblement actuellement quelques soucis de retours clients), c’est une affaire de performance. La puissance moteur d’un scooter électrique peut varier beaucoup en fonction des choix du constructeur : elle peut être de 800 W comme de 4000 W. Cela influe sur la puissance d’accélération du modèle, sa réactivité (et aussi sur le bonus écologique auquel vous pouvez prétendre), mais également son prix ! Or pour un scooter qui ne dépasse pas les 45 km/h et qui est destiné à la ville, il est parfois plus raisonnable de s’arrêter sur un scooter avec 2500 W de puissance moteur plutôt que d’aller jusqu’à 4000 W, un nombre qui ferait grimper la facture sans bouleverser l’expérience du conducteur ou la conductrice.

Un conseil si vous cherchez un véhicule pour des petits trajets : vous n’avez pas forcément besoin de dépenser 1 000 € de plus pour 1 000 W de plus…

Le nom d’une marque est-il un gage de qualité ?

Oui et non. En ce moment, les marques les plus connues sont les plus chères (BMW, Vespa), et elles garantissent forcément des meilleures finitions et une robustesse plus travaillée. En revanche, le tarif est parfois si élevé qu’il convient de se demander s’il vaut vraiment la peine de dépenser autant d’argent en plus pour des finitions. C’est une affaire de goût, de moyens et de choix.

Le seul argument vraiment pertinent à prendre en compte à ce niveau-là concerne les éventuelles réparations : choisir une marque connue, comme Niu qui est leader sur le marché, garantit qu’il y ait plus de chances de trouver des garages capables de réparer le scooter en cas de panne.

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