Un cadre de Twitter a assuré que Donald Trump ne reviendra jamais sur Twitter, même s'il veut être candidat en 2024.

Si Donald Trump désire redevenir un jour président des États-Unis, il devra mener sa campagne en dehors de Twitter. En outre, le réseau social ne prévoit de lui rouvrir ses portes même s’il remportait le scrutin en 2024, date à laquelle surviendra la prochaine élection américaine. C’est ce que des officiels ont fait comprendre le 10 février à des journalistes qui évoquaient cette hypothèse.

« La façon dont nos règles fonctionnent fait que lorsque vous êtes retiré de la plate-forme, vous êtes retiré de la plate-forme, que vous soyez commentateur, directeur financier ou que vous soyez un ancien ou un actuel fonctionnaire », a déclaré Ned Segal, le directeur financier de Twitter, suggérant ainsi que la personne occupant le poste de président des États-Unis n’a pas à bénéficier de passe-droits.

Donald Trump a été exclu définitivement du réseau social le 9 janvier 2021, quelques jours avant l’entrée en fonction de l’administration Biden, alors qu’il était encore au pouvoir. Pour appuyer sa décision, Twitter a déclaré que son règlement — qui est censé être lu et accepté par tout le monde — interdit toute incitation à la violence. Or, l’ex-président américain est accusé au contraire d’avoir poussé ses soutiens à la rébellion.

Trois jours avant, une foule de partisans, galvanisée par le discours de Donald Trump à Washington et par les allocutions d’autres membres clés de sa garde rapprochée, avait fini par marcher sur le Capitole des États-Unis, au moment même où celui-ci était en train de proclamer la victoire de Joe Biden face à Donald Trump. Durant l’émeute, cinq personnes ont perdu la vie.

« N’oubliez pas : nos politiques sont conçues pour s’assurer que les gens n’incitent pas à la violence, et si quelqu’un fait cela, nous devons le retirer du service », a poursuivi Ned Segal. «  Nos politiques ne permettent pas aux gens de revenir ». D’ailleurs, même si Donald Trump revenait, il est possible que Twitter l’éjecterait de nouveau. En outre, il n’aurait de toute façon pas accès à la certification de son compte.

Relancé par la présentatrice qui suggérait que la décision de Twitter était peut-être, en fin de compte, temporaire, Ned Segal a balayé tout changement d’attitude. Il a d’ailleurs fait remarquer que Donald Trump a été banni alors qu’il était en poste à la Maison-Blanche. Dès lors, le site communautaire n’aura aucun mal à maintenir sa sanction maintenant qu’il est redevenu un simple citoyen américain.

Donald Trump le 6 janvier 2020 // Source : Twitter/realDonaldTrump

Un retour de Donald Trump en 2024 ?

Donald Trump était suivi par près de 88 millions de personnes sur Twitter. Depuis que son principal moyen de communication lui a été retiré, et qu’il a quitté le pouvoir, l’intéressé se fait étonnamment très discret. Retranché dans sa villa en Floride, il n’a fait aucun passage remarqué à la télévision ni fait de sortie médiatique significative. Il n’a pas même rebondi sur Parler, alors qu’il y était attendu par ses partisans.

L’ex-président fait l’objet d’une nouvelle procédure en destitution. Une condamnation pourrait l’empêcher de se représenter à un autre scrutin. Compte tenu de son âge, seule l’élection présidentielle de 2024 lui semblerait accessible, mais encore faut-il que les élus républicains se décident à aller à l’encontre de Donald Trump, qui conserve encore une influence considérable, notamment sur la base.

Reste toutefois une question : même si Donald Trump échappe à une sanction qui lui aurait coupé ses ambitions politiques, où en sera sa notoriété dans quatre ans ? Certes, il jouit à l’heure actuelle d’une notoriété certaine, mais son départ du pouvoir n’est que très récent. Faute de visibilité sur les réseaux sociaux, et dans les médias, cela ne durera peut-être pas. Le parti des Républicains voudra alors peut-être un autre champion.

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