L'association suisse Libra, qui travaille sur un projet de cryptomonnaie, change de nom. Elle s'appelle désormais Diem. Une manière aussi de tourner la page après des débuts contestés.

Libra est mort, vive Diem. Ce mardi 1er décembre marque une évolution majeure pour l’association suisse derrière le projet de cryptomonnaie Libra, puisqu’elle vient d’adopter une nouvelle identité. « Diem » signifie « jour » en latin. C’est on ne peut plus à propos pour que cela « marque un nouveau jour pour le projet », annonce l’association, qui y voit aussi « la maturité et l’indépendance croissantes du projet ».

Dans les faits, il apparait que ce renommage permet surtout de ne plus être directement associé à la mauvaise presse qu’avait reçue le projet Libra. C’est ce qu’a admis Stuart Levey, le patron de Diem, à Reuters : « Le nom original était lié à une première itération du projet qui a reçu un accueil difficile de la part des régulateurs. Nous avons radicalement changé cette proposition. »

Diem
Adieu Libra, voici Diem.

Facebook, qui a été au cœur du projet, s’était lui aussi laissé à renommer son propre projet adossé à la cryptomonnaie Libra. Baptisé Calibra, ce porte-monnaie numérique destiné à permettre le paiement en ligne sur des sites de e-commerce a été rebaptisé Novi en mai 2020. Novi, qui n’est toujours pas lancé, doit bénéficier d’une application dédiée, et être aussi intégré à Messenger et WhatsApp.

Facebook reste présent dans l’association, via Novi. On trouve 26 autres membres, dont les services de transport Uber et Lyft, le service de paiement en ligne PayU, le site Coinbase spécialisé dans l’achat et la vente de cryptomonnaies, Spotify, Shopify ainsi qu’Iliad, la maison-mère de Free. Plusieurs défections étaient toutefois survenues,  dont PayPal, Visa, Mastercard, Stripe, eBay, Booking ou Vodafone.

Un lancement en janvier 2021 ?

Dans son édition du 27 novembre, le Financial Times indiquait que Diem pourrait faire ses débuts en janvier 2021, dans un format très réduit. La devise serait juste adossée au dollar américain, comme une « stablecoin » (littéralement : monnaie stable), pour ne pas subir les fluctuations que subissent les cryptomonnaies, avec des envolées et des chutes parfois brusques. Elle entend aussi dépasser leurs défauts.

« Nous espérons introduire une première version de Novi lorsque le réseau de la Balance sera disponible. Nous le déploierons dans une première série de pays, avec des fonctionnalités qui rendront les transferts d’argent transfrontaliers instantanés, sûrs et sans frais cachés », expliquait en mai Facebook, lors du rebranding de Calibra en Novi. Le projet aurait dû se lancer en 2020 au départ.

Ce ne serait que plus tard, à une date encore inconnue, que le panier de devises sur lequel Diem est censé s’appuyer serait lancé. Même si Diem arrive dans une version élémentaire, Facebook pourrait suivre le mouvement dès janvier 2021 avec Novi pour revenir un acteur du paiement en ligne. Mais là encore, ce sera à la condition du feu vert des régulateurs et des autorités, qui n’ont guère montré d’allant jusque là.

Ces régulateurs et autorités pourraient bien d’ailleurs répliquer avec une cryptomonnaie publique. Le ministre de l’Économie et des Finances français, Bruno Le Maire, avait avancé cette idée en septembre 2019. En novembre 2020, à l’échelle européenne cette fois, c’est le projet d’un euro numérique qui a attiré l’attention, avec une consultation publique lancée par la Banque centrale européenne.

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