Entendu par des parlementaires le mercredi 23 octobre 2019, Mark Zuckerberg a promis qu'il attendrait le feu vert de tous les régulateurs américains avant de lancer quoi que ce soit lié à Libra. Y compris à l'étranger.

L’avenir du Libra est-il scellé ? En tout cas, le projet de cryptomonnaie soutenu par Facebook est confronté à une opposition de plus en plus grande, quand ce ne sont pas de précieux partenaires qui mettent les voiles. À tel point que le réseau social est aujourd’hui sur la défensive : l’entreprise américaine, qui se montrait très allante sur le sujet, se dit maintenant disposée à retarder tout lancement.

Cette reculade a été confirmée mercredi 23 octobre, à l’occasion d’une audition devant commission des services financiers du Congrès des États-Unis. Mark Zuckerberg, qui a été entendu par les parlementaires, a expliqué qu’il ne comptait absolument rien lancer de son côté, y compris à l’étranger, tant qu’il ne recevrait pas l’approbation claire des autorités de régulation américaines.

Libra a été officialisé peu avant l’été.

Facebook attendra l’accord des régulateurs

Relancé par une élue pour lui demander de préciser quelque peu sa pensée — il existe aux USA un grand nombre d’autorités de régulation et le fondateur de Facebook n’avait pas dit à laquelle il faisait référence –, l’intéressé a simplement répondu qu’il attendrait en principe le feu vert de toutes. Plus exactement, de toutes celles dont les activités de régulation ont un lieu avec ce que prévoit Facebook.

Cette déclaration n’est pas vraiment une surprise.

Dans une déclaration préliminaire à cette audition, datée du 23 octobre le patron du site s’engageait déjà à ne pas aller plus vite que la musique : « Facebook ne fera pas partie du lancement du système de paiement Libra à l’étranger, sauf si tous les régulateurs américains ne l’approuvent. le report du lancement de Libra jusqu’à ce qu’il réponde pleinement aux préoccupations réglementaires américaines ».

Mark Zuckerberg, interrogé par un élu lui demandant si Libra pourrait évoluer selon les retours des régulateurs, a répondu positivement. Il a aussi dit que Facebook se retirerait de l’association Calibra en cas de lancement avant l’heure : « Facebook ne fera pas partie du lancement du système de paiement Libra à l’étranger tant que les régulateurs américains ne l’auront pas approuvé  », avait-il déjà indiqué dans sa pré-déclaration.

MasterCard est l’une des grandes entreprises initialement engagées qui a fini par faire marche arrière. // Source : Pexels

Des départs et des critiques

Ces dernières semaines, plusieurs gros acteurs engagés dans le projet de Facebook ont fait marche arrière. Début octobre, PayPal a renoncé à investir dans le programme. Une brèche s’est alors manifestement ouverte, puisque Stripe et Ebay ont fait aussi marche arrière, tout comme Mastercard et Visa. S’il reste encore des partenaires dans l’aventure, ce sont malgré tout des poids lourds qui sont partis.

Les critiques que subit Facebook viennent aussi des États et des autorités de régulation. Si les parlementaires américains ont eu l’opportunité de lui faire savoir en face, ailleurs dans le monde des voix se sont fait entendre contre Libra, notamment en Europe. En septembre, on se souvient par exemple de la mise en garde de la France, par la voix de Bruno Le Maire, qui refuse Libra sur le sol européen.

En théorie, Libra doit faire ses débuts en 2020. Mais au regard de la teneur des débats et de la défiance croissante, une incertitude plane sur le projet. D’autant que devant les élus, Mark Zuckerberg a reconnu que son projet pouvait peut être se planter. Et d’admettre que si « quelque chose doit être construit  » pour corriger les insuffisances du système bancaire mondial, il dit comprendre que Facebook n’est pas le messager idéal.

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