Alors que plusieurs échéances importantes relatives à la mise en place de la 5G doivent survenir en mars et avril, la situation épidémique catastrophique que connaît la France menace la procédure du régulateur des télécoms.

La pandémie de coronavirus semble bien partie pour asséner un bien vilain coup au calendrier de la 5G en France. C’est la prédiction à laquelle s’est livré Thomas Reynaud, ce mardi 17 mars. Le patron d’Iliad (la maison-mère de Free et Free Mobile, qui concoure justement pour obtenir des fréquences pour proposer de l’ultra haut débit mobile) anticipe un report de la procédure d’attribution.

« Nous avons pris en compte un probable report de l’appel d’offres », déclare-t-il, selon des propos rapportés par Reuters. En principe, le régulateur des télécoms doit, courant mars, publier la liste des lauréats, mais les circonstances très préoccupantes que connaît le pays ces derniers jours rebattent toutes les cartes, dans chaque compartiment de la société, du fait, notamment, des instructions de confinement.

Indice d’un éventuel report, l’Autorité de régulation des communications électroniques a annoncé le 16 mars l’annulation de la conférence des territoires connectés du 1er avril, en raison de « la situation sanitaire exceptionnelle » dans l’Hexagone. Or, c’est justement elle qui instruit les quatre dossiers reçus (Orange, SFR, Free Mobile et Bouygues Telecom) et vérifie s’ils satisfont les obligations de couverture en 5G.

Si ce scénario du report survient, ce serait une nouvelle embûche dans le parcours pour le moins compliqué du lancement de la 5G dans le pays. Tout au long de l’automne, des voix ont émergé pour pester contre le retard supposé pris par la France dans ce dossier, par rapport à d’autres pays, notamment européens. La procédure a en effet pris du temps, du fait de désaccords sur le bon procédé à appliquer.

5G réseau
La procédure d’attribution des fréquences 5G aura connu plusieurs embûches. // Source : Kārlis Dambrāns

Plusieurs échéances en mars et avril

En principe, la phase d’instruction des dossiers devait durer trois semaines à compter de la publication de la liste des candidats pour des fréquences. Celle-ci ayant été communiquée le 26 février, une communication autour du 16 mars est censée avoir lieu. Ensuite, après une autre période d’attente de trois semaines, c’est au tour de la procédure d’enchères de se dérouler. En l’occurrence, vers le 6 avril.

Une fois cette étape passée, le régulateur des télécoms procède au positionnement de chaque opérateur dans la bande destinée à la 5G au cours d’une séquence devant durer là encore trois semaines. Enfin, dernière phase de la procédure, d’une période identique, les autorisations d’utilisation des fréquences. En clair : la 5G devient vraiment utilisable. Sur le papier, tout doit être bouclé pour juin.

L’attribution de fréquences se déroule en deux phases : la première, dite principale, donne droit à un bloc de 50 MHz par opérateur, dans la bande 3,5 GHz. Chacun de ces blocs est monétisé à hauteur de 350 millions d’euros. La seconde est une véritable enchère : des lots de 10 MHz, vendus 70 millions d’euros chacun, sont proposés. Libre à eux de concourir, à la condition de ne pas dépasser 110 MHz en tout avec le bloc de 50 MHz.

Crédit photo de la une : Aaron Yoo

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