Alors que le nombre de téléchargements du jeu vidéo Plague Inc repart à la hausse, son créateur a mis en garde le public que son titre, aussi réaliste soit-il, n'est pas un modèle scientifique. Il invite en outre à se tourner vers les sites faisant autorité en matière de médecine.

L’épidémie du coronavirus, qui se trouve au centre de l’actualité depuis la mi-janvier, ne s’avère pas être seulement un défi de santé publique. Elle est aussi à l’origine d’un très étonnant comportement en Chine et dont la BBC se fait l’écho. Depuis le 22 janvier, le jeu vidéo Plague Inc est devenu le numéro un des ventes sur l’App Store en Chine, alors même que le jeu a maintenant huit ans d’âge.

Les motivations qui poussent de nombreux mobinautes chinois à se précipiter sur ce jeu mobile sont incertaines. De prime abord, l’on pourrait penser que c’est une conséquence indirecte d’une censure en vigueur dans l’Empire du Milieu, Pékin voulant éviter d’alarmer la population en bridant l’accès à l’information et éviter d’avoir à gérer en plus des rumeurs et des fausses informations sur la maladie.

Image d’un coronavirus (ici celui qui provoque le Syndrome respiratoire aigu sévère). Le terme signifie « virus à couronne », car le virus est entouré d’une petite couronne. // Source : CDC

Cependant une autre piste peut être envisagée : celle de la volonté de la population de comprendre comment se propage la maladie dans un monde globalisé, où les aéroports et les ports connectent désormais chaque point du monde, ou presque. C’est cette possibilité qu’envisage son développeur, James Vaughan, celui-ci déclarant que « Plague Inc est un jeu vidéo, pas un modèle scientifique ».

Dans Plague Inc, le but du jeu est justement de mettre au point une maladie la plus fatale et la plus infectieuse possible, afin de décimer toute la population du globe. Il faut choisir un type d’épidémie (virus, bactérie, parasite, nano-virus, bio-arme, prion, fungus), le mode de transmission (dans l’air, par contact, etc.), ses symptômes et ses capacités (résistance aux médicaments, mutation…).

Plague Inc jeu vidéo
L’interface de Plague Inc, qui a donné lieu à une nouvelle version en 2016 : Plague Inc : Evolved.

Bien sûr, James Vaughan l’admet : «  Nous avons spécifiquement conçu le jeu pour qu’il soit réaliste et informatif.  » En outre, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies aux USA le considère comme un moyen « outil d’enseignement du public sur les épidémies et la transmission des maladies », en proposant une façon originale de « sensibiliser » sur l’épidémiologie, la transmission des maladies et la santé publique.

« L’épidémie de coronavirus en Chine est très préoccupante et nous avons reçu beaucoup de questions de la part des joueurs et des médias », continue le développeur. « C’est une situation très réelle qui touche un très grand nombre de personnes. Nous recommandons toujours aux joueurs de s’informer directement auprès des autorités sanitaires locales et mondiales ».

Gare à la provenance des informations

En France, le célèbre Institut Pasteur a ouvert une fiche informative sur cette maladie et fait savoir qu’elle participe activement à la recherche pour éclairer certaines questions encore en suspens et pour contribuer à la mise au point d’un remède. Des informations sont aussi disponibles sur le site Santé Publique France, qui dépend du ministère des Affaires sociales et de la Santé, et sur celui de l’OMS.

De son côté, James Vaughan, via son studio Ndemic Creations, a invité le public à consulter les autorités médicales dans un message publié le 22 janvier sur Twitter. Le 24 janvier, il a publié un autre message d’avertissement, qu’il a diffusé initialement sur sur le son site web, mais celui-ci est actuellement indisponible, à cause d’un trop grand nombre de visiteurs. Il réitère son conseil de visiter les sites faisant autorité.

Il n’existe pas encore de traitement spécifique. La transmission entre humains est avérée et il semble probable que l’origine de cette infection soit animale — une piste envisagée est celle des serpents. En date du 24 janvier, le nombre d’infections reste bas (614 cas confirmés, et 17 décès comptabilisés), par rapport à une « simple » grippe saisonnière, qui a tué 2 800 personnes en France en 2019.

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