Le réseau social est en passe d’être vendu à Elon Musk, qui multiplie les annonces contradictoires sur son projet : embaucher plus de développeurs, ou virer les trois quarts des employés ? Dans tous les cas, le projet de réseau social surnommé X, avec encore moins de modération que sur Twitter, inquiète.

Le réseau social au petit oiseau bleu est en crise, et cela se voit. Au-delà du rachat imminent de Twitter par le milliardaire erratique Elon Musk, des coupes budgétaires sont à prévoir. C’est ce qu’a découvert le Washington Post le 20 octobre 2022, d’après des sources et des documents internes.

Le patron de Tesla et SpaceX, qui a finalement décidé d’acquérir Twitter après plusieurs épisodes d’hésitation, aurait prévu une énorme purge de 75 % de la masse salariale du réseau social, ce qui ferait tomber le nombre d’employés de 7 500 à 2 000.

Celles et ceux qui suivent l’actualité de Musk le savent : ses promesses n’engagent que ceux qui y croient. Le New York Times avait d’ailleurs soulevé que Musk avait annoncé en mai dernier qu’il allait plutôt augmenter le nombre de salariés de l’entreprise en embauchant de nombreux développeurs.

Un risque « d’effet de cascade » chez les employés de Twitter

Néanmoins, quoi qu’il arrive, les documents obtenus par le Washington Post montrent que le réseau social des problèmes structurels que seule une baisse des coûts pourra endiguer. Le média américain parle de 800 millions de dollars d’économies prévues par Twitter, ce qui correspondrait au renvoi d’environ 25 % d’employés.

Les difficultés financières de la plateforme ne datent pas d’hier. Elles peuvent cependant expliquer pourquoi Twitter n’a pas hésité longtemps à accepter la proposition de rachat d’Elon Musk : au prix annoncé de 54,20 $ l’action, cela correspond à plus de 40 milliards de dollars. La somme colossale devrait permettre d’éponger certaines dettes et de sortir la tête de l’eau.

C’est toutefois sans compter le projet X, un réseau multitâche que le milliardaire espère créer sur les cendres de Twitter, à l’image de WeChat en Chine (une plateforme qui sert à la fois de messagerie, réseau social, interface de paiement, etc.). Est-il raisonnable d’imaginer une telle interface avec seulement 2 000 employés, alors même que Twitter galère déjà à modérer sa plateforme avec 7 500 salariés ?

Certes, de nombreux analystes s’accordent à dire que Twitter a une masse salariale trop importante par rapport à ses revenus, et que la firme devrait craindre l’arrivée de Musk et son modèle de productivité à outrance. Néanmoins, l’avenir du réseau social le plus influent du monde politico-médiatique semble bien sombre si on lui coupe encore des moyens d’action. Et, remplacer des humains par encore plus de modération algorithmique ne semble pas non plus être la solution rêvée pour créer une plateforme plus saine.

Edwin Chen, un analyste interrogé par le Washington Post, exprime aussi des craintes d’une multiplication de risques de piratages ou de propagation d’images pédopornographiques. Cela risquerait d’entrainer encore plus de démissions : « Il y aurait un effet de cascade (…) où vous auriez des services en panne et les gens qui resteraient n’auraient pas les connaissances institutionnelles pour les remettre en marche. Ils seraient complètement démoralisés et voudraient partir d’eux-mêmes. »


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