Le patron de Tesla estime que si tout le monde travaillait beaucoup plus, on pourrait « changer le monde ». Mais encore ?

« Si vous aimez ce que vous faites, vous n’aurez pas l’impression que c’est du travail », a publié Elon Musk sur Twitter le 27 novembre 2018. Le patron de Tesla venait de partager des offres d’embauche, expliquant que la principale qualité requise était de « vouloir que les choses se fassent » de manière efficace.

Le milliardaire de 47 ans est aujourd’hui en charge de quatre entreprises : Tesla (automobile), SpaceX (aéronautique), The Boring Company (derrière le projet Hyperloop) et Neuralink (recherche interfaces hommes-machines). Sur Twitter, il a concédé qu’il «  y avait des endroits plus faciles où travailler », mais que « personne n’avait jamais changé le monde en travaillant 40 heures par semaines. »

Dublin, Wednesday 31th October 2013 : Pictured at the The Web Summit 2013, RDS. Photo by Dan Taylor/Heisenberg Media

Travailler entre 80 et 100 heures par semaine

Entendre : les gens travaillent encore beaucoup trop peu à son goût. Certes, nos acquis sociaux français sont bien éloignés de la flexibilité du travail à l’Américaine, mais le discours d’Elon Musk va plus loin. Sa capacité à travailler jusqu’à « 120 heures par semaine » lui permet de galvaniser ses équipes, et leur donne un très fort sentiment d’appartenance et une foi en leurs entreprises, qu’ils estiment être en train de « sauver le monde ».

Le 2 novembre dernier, Musk avait d’ailleurs vanté la capacité de ses salariés à travailler 100 heures par semaine pour faire tenir Tesla, la multinationale qui a réussi à pousser les autres fabricants automobile historiques à se mettre à l’électrique.

Mais pour « changer le monde », Musk estime qu’il faudrait que tout le monde s’y mette.  En fonction des personnes, nous devrions donc travailler « entre 80 et 100 heures par semaine ». Il prend toutefois en compte le fait que « la douleur » (au travail) augmenterait  « exponentiellement au-delà de 80. »

80 heures par semaine correspond à 11 heures de travail par jour, 7 jours sur 7. Une personne qui s’accorderait un jour de repos par semaine devrait travailler plus de 13 heures en une journée, soit sur une plage horaire de 8h à 21h.

Le discours d’Elon Musk est bien rôdé : si vous croyez en ce que vous faites et que vous aimez votre travail, vous travaillerez volontairement plus… Mais cette notion de « volonté » est un adjectif fourre-tout qui ne prend pas en compte les notions inconscientes et les facteurs externes. Notamment le fait que travailler plus permet à ses employés de gagner plus d’argent. Or, le concept des heures supplémentaires à volonté est remis en cause dans de nombreuses démocraties occidentales, comme en France lors du débat sur l’ouverture des magasins le dimanche. Des considérations bien loin de ce que Musk envisage pour « changer le monde ».

Crédit photo de la une : YouTube/ Marques Brownlee

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