Ce sont deux mots qui effraient les investisseurs : bear market. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un marché aux ours : le terme désigne une période particulièrement peu propice aux investissements, lors de laquelle les cours de bourses descendent. Le terme vient de Wall Street, où les traders et les banquiers ont été les premiers à l’utiliser, mais il est également utilisé par la communauté crypto, qui en fait usage à chaque fois que les cours du Bitcoin ou de l’Ethereum plongent.
En ce début d’année 2026, le terme revient en force, alors que le Bitcoin a dévissé de plus de 50 % depuis octobre 2025, plombé par un contexte macroéconomique tendu.
Cette baisse agite inévitablement l’indicateur de la « mort du Bitcoin » , et beaucoup enterrent déjà la cryptomonnaie.

Mais en réalité, cette période de repli s’inscrit dans un cycle naturel du marché, appelé « bear market ».
Que se passe-t-il pendant un bear market ?
Concrètement, un bear market désigne une baisse de plus de 20 % des valeurs après un précédent record. Elle doit être prolongée et est accompagnée de sentiments pessimistes et d’une perte de confiance généralisée des investisseurs. Ce sentiment peut d’ailleurs être mesuré à l’aide d’indicateurs comme le « Fear & Greed Index », qui analyse plusieurs signaux du marché pour évaluer si les investisseurs sont dominés par la peur… ou par l’avidité. Ce 6 février, l’indice pointe au plus bas et affiche un sentiment de 5/100, classé en « peur extrême », notamment en raison des pertes subies par de nombreux investisseurs.
Ces bear markets peuvent durer plusieurs mois, plusieurs années, ou seulement quelques semaines — mais ces mini-cycles sont bien plus rares. En 2026, il y a peu de place au doute : le marché des actifs numériques traverse un bear market, dans la mesure où le Bitcoin a fortement dévissé et perdu plus de 50 % de sa valeur à ce jour. L’investiture de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’an dernier, lui avait pourtant permis de connaître de beaux jours. Mais aujourd’hui, rien n’y fait : le contexte reste défavorable.

L’origine du nom bear market est débattue. Pour certains, le terme viendrait du mouvement qu’effectuent les ours, lorsqu’ils donnent des coups de patte, du haut vers le bas. Pour d’autres, le nom aurait été choisi, car les ours hibernent en hiver, ce qui ferait penser au recul des marchés pendant des temps de crise.
Qu’est-ce qui provoque un bear market ?
À quoi les bear markets sont-ils dus ? Il existe plusieurs facteurs qui peuvent rentrer en compte. Tout d’abord, l’augmentation des taux d’intérêt, qui est toujours une nouvelle qui refroidit les marchés et les investisseurs.
Lorsque ces taux sont en hausse, il devient plus difficile d’emprunter et les prêts coûtent plus cher aux particuliers ou aux entreprises qui les prennent. De manière générale, des évènements déstabilisants comme une guerre, une pandémie, ou l’éclatement d’une bulle peuvent également entraîner un bear market.

Au final, ce ne sont pas des évènements très rares : le site spécialisé Investopedia indique qu’entre 1900 et 2018, le Dow Jones a connu par moins de 33 bear markets, soit une moyenne d’un tous les trois ans. Pour d’autres indices à la valeur plus volatile, comme les crypto-monnaies, c’est encore plus fréquent. En quinze ans d’existence, Bitcoin a traversé au moins cinq grands bear markets, sans compter le plus récent.
Les bear market du Bitcoin
| Bear Market | Chute max |
|---|---|
| 2011 | -93 % |
| 2013–2015 | -87 % |
| 2017–2018 | -84 % |
| 2021–2022 | -78 % |
| 2025 | ~ -40 à -60 % |
| 2026 | ~ -50 % |
Le bull market, l’inverse du bear
Il n’y a pas vraiment de formule magique pour sortir d’un bear market. Les experts considèrent simplement que la période est passée, lorsque les cours ont prix 20 % de plus que leur plus basse valeur atteinte pendant la période. Ils attendent généralement que la croissance dure sur plusieurs mois pour déclarer que le bear market est fini.
Mais l’inverse existe aussi : il s’agit du bull market. Le terme désigne des périodes durant lesquelles les prix des actions et des crypto-monnaies augmentent fortement. Ces bull markets peuvent, eux aussi, durer plusieurs semaines ou mois, et ils sont caractérisés par une confiance forte dans les marchés et des investisseurs optimistes.
Là aussi, l’origine du nom est débattue : le terme désignerait soit le mouvement des cornes du taureau, de bas en haut, soit il serait lié au fait que les taureaux chargent leurs adversaires… L’un des derniers exemples de bull market pour les crypto-monnaies a eu lieu entre de 2024 à 2025 lorsque Bitcoin a atteint un nouvel ATH (« All Time High » ou « le prix le plus haut jamais atteint) en octobre dernier.
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