Des missiles contre des cryptomonnaies. Pour contourner l’étau des sanctions occidentales, l’Iran fait basculer le marché de l’armement dans l’ère numérique. Via son agence Mindex, chargée de vendre les armes iraniennes à l’étranger, Téhéran proposerait depuis 2025 ses missiles balistiques, drones et navires de guerre contre des cryptoactifs, révèle le Financial Times, le 1er janvier 2026.
Mindex, vitrine numérique de l’armement iranien
Le site multilingue de Mindex, opérant depuis un cloud souverain sanctionné par Washington, met en avant des missiles Emad, des drones Shahed ou encore des navires de classe Shahid Soleimani. Il recense aussi des armes légères éprouvées sur le terrain par des alliés régionaux — au-delà des 35 pays cités comme partenaires — d’après des rapports issus de l’ONU et de gouvernements occidentaux.
Si aucun prix n’est affiché, Mindex autorise le paiement dans le pays de l’acheteur, car passer par les moyens de paiement conventionnels, ce serait risquer le bannissement immédiat des réseaux de paiement mondiaux pour quiconque oserait traiter avec Téhéran.
FAQ anti-sanctions
Avec son portail en ligne, un chatbot dédié et une page « Foire aux questions » décomplexée, Mindex rassure ses acheteurs, en répondant aux questions relatives aux sanctions internationales. « Compte tenu des sanctions imposées à l’Iran, quelles sont les garanties que le contrat soit exécuté et que le produit arrive à destination ? » peut-on notamment lire dans la FAQ.

« Il convient de noter que, compte tenu de la politique générale de la République islamique d’Iran en matière de contournement des sanctions, l’exécution du contrat ne pose aucun problème. Votre produit vous sera livré dans les meilleurs délais », promet le régime, qui propose par ailleurs des inspections physiques de son matériel de pointe en Iran, confirmant une logistique de l’ombre bien rodée.
Cependant, le Trésor américain n’est pas dupe, puisqu’il a imposé en septembre des sanctions à des individus soupçonnés d’être liés aux Gardiens de la révolution iraniens pour leur rôle présumé dans des réseaux de « finance parallèle » recourant aux crypto-monnaies afin de traiter des paiements pour Téhéran. Un mois plus tôt, les États-Unis ont également pris des mesures contre des entités russes, soupçonnées d’avoir utilisé des cryptoactifs pour échapper aux sanctions occidentales. C’est ballot, pour des actifs réputés intraçables.
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