La première partie de la mission consistant à envoyer la capsule Starliner rejoindre l’ISS s’est bien passée. Maintenant, il faut parvenir à la rallier effectivement, et à s’y amarrer.

C’est l’évènement de la semaine dans l’actualité spatiale : le voyage de la capsule Starliner jusqu’à la Station spatiale internationale, afin de s’y amarrer. Et c’est un voyage qui, jusqu’à présent, se passe bien : la fusée Atlas V chargée de transporter l’engin dans la haute atmosphère a rempli son œuvre le 20 mai 2022, et il est maintenant en transit pour rejoindre l’ISS.

Boeing n’a pas le droit à l’erreur

Ce vol est particulièrement attendu par les États-Unis, la Nasa et Boeing, qui a assuré la construction de Starliner. Les États-Unis et la Nasa parce qu’ils comptent sur l’industriel pour disposer d’un deuxième moyen de transport pour faire l’aller-retour entre la Terre et l’ISS, en plus de SpaceX, mais aussi pour envisager la suite, notamment vers la Lune.

Pour Boeing aussi, c’est une séquence clé. L’avionneur américain traverse une période difficile, qu’une réussite dans le spatial pourrait éclairer. L’affaire désastreuse du 737 Max a durablement marqué son image de marque dans l’aviation. Et dans le spatial, le précédent essai avec le Starliner en 2019 avait été un échec.

Un nouveau raté serait catastrophique, même si la mésaventure d’il y a un an et demi a pu aussi être observée avec optimisme : elle a permis de montrer en direct et sans crier gare les procédures d’urgence de la capsule lorsque les choses tournent mal. D’une certaine façon, c’est aussi à cela que servent les tests — c’est en tout cas ainsi que les choses avaient aussi été présentées.

capsule Starliner Atlas V
La capsule Starliner, tout en haut de la fusée. // Source : Joel Kowsky

Toujours est-il qu’aujourd’hui, le groupe n’a plus vraiment de carte Joker à abattre. Il lui faut réussir et, surtout, montrer qu’il peut rivaliser avec une entreprise comme SpaceX, qui n’est dans le spatial que depuis 20 ans et qui a déjà bouclé pas moins de sept missions habitées : six en direction de l’ISS, une en orbite. C’est forcément vexant pour Boeing, du haut de ses 106 ans.

La bonne nouvelle, c’est que la première séquence de la mission s’est bien passéenous l’avions suivie en direct sur Twitter, plusieurs heures avant le décollage et une fois passée l’insertion de la capsule en orbite. L’ascension atmosphérique, le largage des boosters d’appoint puis de l’étage principal, le fonctionnement du Centaur (l’étage supérieur), le largage de la capsule. Tout a marché.

Maintenant, la capsule est en phase de transit en orbite autour de la Terre, dans la perspective de son rendez-vous spatial avec l’ISS. Les opérations de rapprochement doivent démarrer ce 20 mai à 21h30 (heure de Paris), selon la Nasa. Mais le contact lui-même est annoncé à 01h10 du matin, le 21 mai. L’écoutille, elle, sera ouverte bien plus tard, à 17h45.

Et ensuite ? La capsule restera amarrée à l’ISS pendant une période courte, estimée entre cinq et dix jours. Cela permettra à l’équipage de la station de visiter l’engin et de procéder à diverses vérifications. Ensuite, l’écoutille sera refermée en prévision de son retour sur Terre. Après des manœuvres d’éloignement viendra la rentrée dans l’atmosphère, et l’atterrissage dans l’Ouest américain.