Une forte vague de chaleur humide à Tokyo rend le déroulé des jeux olympiques d'été complexe. La pratique sportive dans ces conditions met les athlètes des JO à très rude épreuve.

Dépasser la concurrence n’est pas le seul défi que doivent relever les athlètes des JO de Tokyo. Les équipes doivent également affronter une vague de chaleur humide qui a fait grimper les températures au-dessus des 34°C avertit l’observatoire de la Terre supervisé par la Nasa. Des décennies de changement climatique et d’extension des zones urbaines ont rendu les étés de Tokyo « plus inconfortables que jamais et parfois dangereux pour la ville qui compte plus de 14 millions d’habitants », avertit l’observatoire.

Tokyo est déjà situé dans une zone où le climat est chaud et humide (c’est la même zone climatique que celle où se trouvent les régions du sud-est des États-Unis ou du nord de l’Inde). « Néanmoins, il y a d’autres facteurs sous-jacents qui ont exacerbé cette situation », souligne l’observatoire de la Nasa. Le changement climatique a contribué à une hausse de 1,5°C des températures à Tokyo depuis 1964 et à une hausse de près de 2,86°C depuis 1900. « C’est presque trois fois plus que la moyenne mondiale », alerte l’observatoire de la Terre de la Nasa. L’organisme relève également que les vagues de chaleur extrêmement humides ont doublé en fréquence depuis 1979, à mesure que les températures mondiales augmentaient.

En août 2019, des températures similaires à Tokyo montraient ce phénomène d’îlot de chaleur. // Source : Observatoire de la Terre de la Nasa

Des conditions très éprouvantes pour les athlètes olympiques

L’urbanisation intensive a, elle aussi, joué un rôle dans cette hausse des températures. Elle contribue en effet à la création de ce qu’on appelle des îlots de chaleur : l’architecture des villes (beaucoup de bâtiments et de surfaces artificielles, peu de verdure, etc.) fait que l’air y circule moins bien et qu’elles retiennent en général davantage la chaleur. A Tokyo, note l’observatoire, les températures au sol sont en général supérieures de plusieurs degrés en ville, comparées aux zones végétalisées environnantes. « Les voitures, les usines et les systèmes de climatisation » renforcent ce phénomène d’îlots de chaleur en générant de la chaleur dans l’atmosphère.

« Les chercheurs et les analystes qui étudient les données météorologues de juillet et d’août et établissement des projections indiquent que cela pourrait être les jeux olympiques les plus chauds depuis des décennies » souligne l’observatoire de la Terre de la Nasa.

Une situation alarmante, car la pratique sportive peut accentuer les effets de la chaleur sur l’organisme : fatigue, déshydratation et tous les problèmes de santé que cela peut déclencher. L’humidité aggrave par ailleurs le problème, car elle empêche le corps de transpirer, ce qui est la manière dont il se rafraîchit.

La chaleur a déjà entraîné l’évanouissement d’une sportive pendant un match de qualification. Et le joueur de tennis Daniil Medvedev a indiqué que les températures à Tokyo étaient « parmi les pires conditions » dans lesquelles il avait dû jouer, indique NPR.

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