Une part minoritaire de personnes vaccinées peut être infectée au coronavirus SARS-CoV-2, en particulier face au variant Delta, mais sans contracter de formes graves dans l'écrasante majorité de ces infections.

Il ne fait plus aucun doute que la vaccination est sûre et efficace contre le coronavirus SARS-CoV-2, pour freiner les infections et encore davantage les formes graves ou les risques de décès. Malgré tout, le variant Delta est plus contagieux, plus virulent, et provoque une 4e vague, que ce soit en France ou dans le monde. Pendant ce temps, la vaccination progresse, mais encore trop lentement.

Les personnes vaccinées peuvent-elles être contaminées par le covid ? Oui, mais il n’y a rien de surprenant à cela et les risques d’infection sont réduits — voire considérablement réduits concernant les formes graves.

Le vaccin contre les infections

Les données de terrain, publiées dans Nature et The New England Journal of Medicine, montrent qu’en présence du variant Delta, l’efficacité du vaccin de Pfizer est autour de 88 % après deux doses ; 60 % pour le vaccin d’AstraZeneca. Après une seule dose, en revanche, elle n’est que de 33 %.

Lire ces chiffres doit permettre de comprendre deux choses :

  • La vaccination à deux doses reste le meilleur rempart. Le schéma vaccinal des personnes vaccinées doit être complet pour que celles-ci soient considérées comme véritablement vaccinées. La protection conférée après la première injection est bien plus faible. Par ailleurs, ce schéma complet ne court qu’à partir de plusieurs jours après la deuxième injection. En France, 56,44 % de la population a certes reçu une première dose, mais seule 46, 03 % en a reçu deux : ce n’est même pas la moitié, alors qu’une immunité collective advient vers 80 % de vaccination complète. Tant que l’on ne s’approche pas d’une grande majorité de personnes vaccinées, le coronavirus continuera à circuler et à infecter la population.
  • Il ne vous échappera pas que ces chiffres, même après deux doses, n’atteignent jamais 100 %. Sauf dans la communication éventuelle des laboratoires à travers des communiqués de presse, un vaccin ne peut pas prétendre à un taux d’efficacité de 100 %. C’est scientifiquement impossible. Le risque zéro n’existe pas et les vaccins ne représentent pas un remède miracle, d’autant plus face aux variants comme le Delta. Sur des millions de personnes vaccinées, certaines pourront attraper la maladie contre laquelle le vaccin est censé protéger. « Certaines personnes n’auront pas une réponse immunitaire suffisamment forte au vaccin et peuvent toujours être susceptibles de développer le COVID-19 si elles sont exposées au virus. La façon dont une personne réagit à un vaccin est influencée par un certain nombre de facteurs hôtes, notamment l’âge, le sexe, les médicaments, le régime alimentaire, l’exercice, la santé et le niveau de stress », explique l’infectiologue Lara Herrero dans The Conversation.

« Il y aura un petit pourcentage de personnes entièrement vaccinées qui tomberont quand même malades, seront hospitalisées ou mourront du COVID-19 », conclut ainsi le CDC, ajoutant toutefois que les données montrent que «  la vaccination peut rendre la maladie moins grave pour les personnes vaccinées qui tombent tout de même malades ».

Le vaccin contre les formes graves

Le rôle premier de ces vaccins est d’éviter les formes sévères de la maladie Covid-19. Et sur ce point, ils sont particulièrement efficaces, encore davantage que pour prévenir les infections. Rappelons que les personnes de plus de 60 ans sont les plus à risque, mais que toutes les tranches d’âge sont concernées par des versions graves de cette maladie, menant à l’assistance respiratoire voire au décès. Il existe également les cas de « covid long », dont les symptômes perdurent dans le temps, y compris la perte du goût et de l’odorat.

Chiffres de l’épidémie en France au 21 juillet. La progression est exponentielle. // Source : Santé Publique France

Contre les formes graves potentiellement causées par le variant Delta, plus virulent, les vaccins sont efficaces à 96 % (Pfizer) et 92 % (AstraZeneca), après le schéma complet à deux doses. Ces chiffres sont très élevés, même si, là encore, il ne faut pas compter sur du 100 % : il pourra advenir des formes graves de la maladie chez des personnes vaccinées, mais ce sont des cas très rares, dans des proportions plus minoritaires encore que pour des infections.

La vaccination allège la pression hospitalière

En conclusion, les vaccins contre le coronavirus SARS-CoV-2 ne sont pas à toute épreuve et des personnes vaccinées pourront être infectées et malades. Mais la pression hospitalière de la 4e vague ne viendra pas des personnes vaccinées, qui, dans leur écrasante majorité, ne contracteront pas de formes graves.

Ainsi, aux États-Unis par exemple, les hospitalisations ont lieu essentiellement dans les publics non vaccinés. « En date du 12 juillet 2021, plus de 159 millions de personnes aux États-Unis avaient été entièrement vaccinées contre le COVID-19. Au cours de la même période, les CDC a reçu des rapports de 48 États et territoires américains concernant 5 492 patients infectés mais vaccinés qui ont été hospitalisés ou sont décédés », rapporte le CDC.

En Israël, qui a l’un des plus hauts taux de vaccination, la vague due au variant Delta ne génère qu’un très faible rebond hospitalier. Et s’il est certes vrai qu’en Israël une grande part des nouveaux cas a lieu chez les personnes vaccinées, c’est assez logique au niveau arithmétique : dans un pays où la majorité de la population est vaccinée, sachant que le vaccin n’est pas efficace à 100 %, la proportion de personnes vaccinées infectées est forcément plus élevée dans les chiffres que dans un pays où moins de personnes sont vaccinées. Il faut surtout relever qu’une autre grande partie des personnes infectées concerne les plus jeunes, qui n’ont pas encore été vaccinés.

Voici ce qu’il faut retenir : 

  • Il est possible d’être infecté ou infectée par le coronavirus après le vaccin. Le risque est beaucoup moins élevé après les deux doses, les infections sont dans une proportion minoritaire chez les personnes vaccinées.
  • Les vaccins protègent avec une grande efficacité contre les formes graves de la maladie, les risques d’hospitalisations et de décès. Les cas graves après vaccination complète sont plus que rares : ils sont extrêmement rares.
  • Plus la vaccination progresse, plus on limite les risques d’une forte pression hospitalière, car les hospitalisations proviendront surtout des non-vaccinés. Cela coupe aussi les voies de transmission dans toute la population, vaccinés et non-vaccinés confondus.

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