Une série d’études permettent d’être optimiste sur la durée de l’immunité que l’on peut développer contre le coronavirus.

La durée de l’immunité contre le coronavirus, et notamment celle conférée par les vaccins, est un enjeu de premier plan pour espérer juguler la pandémie au fil du temps. En mai 2021, un ensemble de deux études (l’une publiée dans Nature, l’autre seulement en prépublication) suggérait que les personnes ayant été atteintes du coronavirus, puis vaccinées quelques mois plus tard, obtenaient une immunité particulièrement robuste qui pouvait durer un an minimum, voire bien davantage.

Ces travaux ne donnaient cependant pas de détails sur les personnes vaccinées, mais n’ayant pas eu le covid auparavant. Dans une nouvelle étude parue ce 28 juin dans Nature, les auteurs montrent que les vaccins à ARN messager actuellement utilisés, Pfizer et Moderna, peuvent aussi maintenir une immunité robuste, indépendamment d’un « booster shot » de rappel.

Une immunité qui peut persister

Au cours d’une infection ou d’une vaccination, il se forme des « centres germinatifs », essentiels au fonctionnement de notre système immunitaire. Ce sont en quelque sorte des usines temporaires où sont générées des cellules elles-mêmes productrices d’anticorps. Ce sont également des centres d’entrainement pour ces anticorps. En cas d’infection au coronavirus, les centres germinatifs se développent dans les poumons ; en cas de vaccination, ils se développent dans les ganglions lymphatiques (au niveau des aisselles, ce qui peut expliquer leur gonflement temporaire après le vaccin Moderna dans certains cas).

Après une infection et/ou la vaccination, le corps développe une défense immunitaire contre le coronavirus. // Source : Pixabay

Après une infection et/ou la vaccination, le corps développe une défense immunitaire contre le coronavirus.

Source : Pixabay

Or, les auteurs de cette étude ont découvert que là où, habituellement, les centres germinatifs déclinent une à deux semaines après la vaccination, ils persistent jusqu’à 4 mois après la première dose d’un vaccin à ARNm contre le coronavirus (Pfizer et Moderna). Ces travaux démontrent, selon les auteurs, que la vaccination humaine à base d’ARN messager «induit une réponse persistante des cellules B du [centre germinatif], permettant la génération d’une immunité humorale robuste ».

Quelle portée donner à ces résultats — cette étude et les deux précédentes — sur la durée de l’immunité ? « C’est un bon signe sur la persistance de notre immunité conférée par ce vaccin », commente auprès du NY Times Ali Ellebedy, immunologue coauteur de cette étude. Car la durée pendant laquelle le centre germinal reste actif a un impact sur le nombre et l’efficacité des anticorps : plus ils ont de l’entraînement, plus ils pourront être efficaces contre les différentes souches de coronavirus susceptibles de se présenter au corps. Cela rappelle aussi que les vaccins peuvent conserver une certaine efficacité contre les variants, mais à la condition que ceux-ci restent proches et n’évoluent pas excessivement. Une autre limite logique à ces travaux est qu’une immunité robuste pourrait ne pas être présente chez toute la population (a fortiori les personnes immunodéprimées).

Bien qu’encourageante, il faudra encore d’autres études de la sorte pour préciser nos connaissances sur la durée de l’immunité contre le coronavirus. Celle-ci ne se penche que sur Pfizer et Moderna, et non sur les autres vaccins comme J&J et AstraZeneca. Elle n’aborde pas non plus le variant Delta, actuellement préoccupant — toutefois, d’autres données, venant notamment du Royaume-Uni, montrent que les vaccins restent très efficaces contre le formes graves générées par ce variant, ce qui rappelle l’urgence de la vaccination.

Rappelons par ailleurs que derrière l’enjeu d’une immunité individuelle, il y a aussi et surtout celle d’une immunité collective, face à la propagation de souches comme le variant Delta.

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