L'Institut Pasteur a mis à jour ses projections sur l'évolution de la tension hospitalière en France et dans chaque région, jusqu'au 9 mai.

Ce 26 avril 2021, l’Institut Pasteur a mis à jour ses projections sur l’évolution actuelle de l’épidémie liée au coronavirus SARS-CoV-2. Ces projections s’étendent jusqu’au dimanche 9 mai 2021, soit une semaine après la levée de la limite de 10 km pour les déplacements (dimanche 2 mai au soir) et au moment où de nouvelles mesures pourraient être relâchées ; des commerces et des lieux culturels devant rouvrir à la mi-mai.

Alors que les écoles viennent de rouvrir ce lundi 26 avril, que montrent ces modélisations sur la situation de l’épidémie telle qu’elle pourrait être entre début mai et la mi-mai ? Les graphiques de l’Institut Pasteur adressent plus spécifiquement la situation hospitalière — c’est-à-dire les admissions et les occupations de lits — à travers des prédicteurs épidémiologiques, météorologiques et de mobilité.

« Au niveau national, le modèle d’ensemble anticipe une baisse des admissions à l’hôpital, même si certains modèles individuels prévoient plutôt un plateau. Le modèle d’ensemble anticipe également une baisse des besoins en lits dans les jours qui viennent », écrivent les scientifiques de l’Institut Pasteur. Il s’agit plus particulièrement de la France métropolitaine, car « dans les régions d’outre-mer, les effectifs étant faibles, nos projections restent très incertaines ».

Une tendance à la baisse au niveau national

Les admissions journalières à l’hôpital pourraient descendre à 1 250 par jour au 9 mai, alors qu’elles sont aujourd’hui autour de 1 800 en moyenne du 19 au 25 avril. Les admissions journalières en soins critiques s’approcheraient quant à elles de 300, alors qu’elles sont de 437 en moyenne à ce jour. Quant aux lits de réanimation, 5 900 personnes sont aujourd’hui en soins critiques, mais cela pourrait baisser à un peu de plus de 5 000 d’après les estimations de Pasteur. « Cependant, les besoins en lits de réanimation pourraient être sous-estimés en raison d’un allongement des durées de séjour en réanimation », nuance l’Institut Pasteur.

La partie prospective est bleutée. La projection s’étend ici jusqu’au 9 mai 2021. La courbe de progression affichée sur le graphique démarre au 1er novembre 2020. // Source : Institut Pasteur

Il faut relever que le tableau A (admissions journalières à l’hôpital) distingue différentes courbes de couleur. En bleu, il s’agit du modèle d’ensemble que nous venons de décrire. Mais l’Institut Pasteur inscrit aussi d’autres courbes issues de différents modèles dits « individuels » : les 4 modèles individuels ARIMA2, GAM2, BRT et RF, qui utilisent le nombre de tests positifs pour la projection, prévoient une baisse comme pour la vue d’ensemble ; là où les 2 modèles individuels MLR et ARDL, qui utilisent le taux de positivité, prévoient plutôt un plateau (absence d’amélioration). Ceci étant, c’est bien le modèle d’une baisse qui semble être le plus valide à l’heure actuelle, les hospitalisations ayant baissé de 7,4 % ces sept derniers jours.

Des différences notables entre régions

Les projections de l’Institut Pasteur distinguent des différences notables entre régions, alternant des baisses et des plateaux en fonction des spécificités régionales.

En Bretagne, par exemple, la tendance serait plus au plateau, si ce n’est à une légère augmentation quant aux occupations des lits.

Projection pour la Bretagne. // Source : Institut Pasteur

En Île-de-France, en revanche, la tendance serait à une franche baisse dans tous les tableaux.

Projection pour l’IDF. // Source : Institut Pasteur

Vous pouvez retrouver ces graphiques, à jour, région par région, sur le site des modélisations covid de l’Institut Pasteur, section « dynamique actuelle de l’épidémie », sous-section « projections à court terme des besoins hospitaliers ».

Les différences entre régions, relevées par les projections de l’Institut Pasteur, renvoient  aux déclarations du gouvernement selon lesquelles l’allègement des mesures interviendra en fonction des facteurs épidémiques locaux ; et l’on sait que la situation hospitalière est particulièrement prise en compte, en plus de la circulation du virus à travers le dépistage et le taux de reproduction.

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