Si certaines pistes ont été écartées au fil du temps, de nombreuses recherches sont tout à fait prometteuses pour identifier des traitements curatifs contre la maladie Covid-19. Quel est le panorama de la recherche médicale contre le coronavirus au bout d'un an ?

En parallèle des vaccins, les médicaments représentent le deuxième enjeu médical pour maitriser la pandémie. Mais, si les campagnes vaccinales sont mondialement lancées à partir des formules de Pfizer, Moderna et AstraZeneca, la recherche médicale n’a pas encore abouti à des résultats déterminants pour des médicaments et traitements en curatif.

Les vaccins sont peu risqués dans l’ensemble (ceux contre le coronavirus ne déclenchent pas d’effets secondaires graves ni nombreux), là où les médicaments représentent un traitement généralement plus lourd pour le corps. Le rapport entre bénéfices et risques est souvent beaucoup plus favorable dans les vaccins que dans les médicaments, ce qui complique la recherche.

Résultat, au fil des derniers mois, des pistes de traitements curatifs se sont révélées décevantes, quand d’autres sont en revanche plus prometteuses. Numerama dresse un panorama, sans exhaustivité, sur les traitements écartés et ceux encore étudiés en cette fin février 2021. Voir notre décryptage vidéo sur ce sujet : 

Les traitements qui n’ont pas fait leurs preuves

Plusieurs pistes de médicaments ont déclenché un emballement, principalement sur le plan médiatique, en interprétant parfois trop vite des résultats annoncés, qui ne se sont pas confirmés par la pratique ou par des publications sérieuses.

Récemment, la colchicine a été présentée comme un traitement largement prometteur.  Cet antiinflammatoire est déjà connu, car utilisé contre la maladie de la goutte ; et il est bon marché. Alors qu’une étude est actuellement menée au Centre de recherche de l’Institut de cardiologie de Montréal, les auteurs ont présenté les résultats comme très convaincants cliniquement. Malheureusement, l’annonce a été faite par communiqué de presse : comme on l’expliquait dans un article, des données scientifiques ne doivent jamais être surinterprétées à partir d’un communiqué, d’autant plus lorsque l’étude n’est pas accessible en intégralité, publiquement. Finalement, lorsque les données de l’essai ont été diffusées, elles n’étaient pas aussi significatives qu’annoncé.

Ceci étant, l’espoir peut encore perdurer à l’heure actuelle pour ce traitement, puisque la colchicine est incluse dans l’essai Recovery. Il n’en demeure pas moins qu’il est trop tôt pour considérer les résultats comme significatifs, et encore plus pour appeler à l’utiliser dès maintenant.

Des traitements permettront d’aider à maitriser l’épidémie liée au coronavirus SARS-CoV-2. // Source : Pexels

Un autre traitement a donné lieu à la même précipitation, au début de la pandémie, mais celui-ci fut finalement rejeté : l’hydroxychloroquine. Ce médicament connu avait été présenté comme une forme de remède miracle, à la fois efficace et sans danger. Cependant, les études menées par Didier Raoult ne suivaient pas la méthode scientifique, et ne prouvaient donc rien. Il s’est ensuite avéré, au fil de très nombreuses études — solides quant à elles — que l’hydroxychloroquine ne permet pas de prévenir les formes graves de la maladie. Le médicament est même trop lourd dans les effets secondaires potentiels, dans le contexte de la maladie Covid-19. Ce traitement n’est donc plus envisagé.

Un troisième traitement très médiatisé, car prometteur, aura finalement déçu au fil des recherches : le Remdesivir. Son efficacité réelle n’a pas pu être suffisamment prouvée, tant et si bien que les tests du médicament ont été stoppés par l’essai européen Discovery.

Les traitements prometteurs

À l’heure actuelle, il n’existe certes aucun médicament défini contre le coronavirus, mais il y a des pistes de traitements relativement prometteuses. Certains corticoïdes sont déjà utilisés en traitement de routine, comme le dexaméthasone qui a donné des résultats encourageants pour réduire les cas graves et la mortalité des cas de covid.

Un grand pan de la recherche médicale consiste à faire du repurposing, c’est-à-dire à essayer de réagencer la formule de médicaments qui existent déjà. C’est le cas pour le tocilizumab, un antiinflammatoire dont l’essai clinique au sein du vaste programme Recovery a montré mi-février d’excellents résultats pour réduire les formes de la maladie nécessitant une assistance respiratoire et une hospitalisation longue.

Des laboratoires tentent aussi de créer de nouveaux médicaments. Des travaux menés chez les souris ont montré une bonne efficacité du Molnupiravir, médicament développé entièrement contre le coronavirus par le laboratoire Merck. Les résultats des premiers essais cliniques menés chez les humains devraient être publiés d’ici la fin mars.

Une autre piste, déjà bien engagée, laisse entrevoir de nets espoirs : les anticorps de synthèse, ou anticorps monoclonaux. Donald Trump avait été soigné du covid avec ce traitement ; et l’Allemagne a déjà dépensé 400 millions d’euros pour acheter 200 000 doses des médicaments à base d’anticorps de synthèse. Deux traitements sont actuellement développés sur ce principe, et validés aux États-Unis par une autorisation d’urgence : l’un est conçu par le laboratoire Eli Liby, l’autre par la société Regeneron. Les anticorps de synthèse, injectés en intraveineuse, ont pour rôle de reproduire ce que fait le système immunitaire, mais plus efficacement et plus rapidement. Les anticorps de synthèse viennent bloquer et détruire la protéine Spike du coronavirus pour freiner la réplication dans les cellules.

Reste enfin à préciser nos connaissances sur l’utilité de la transfusion de plasma convalescent, c’est-à-dire la transfusion du sang de personnes guéries du Covid-19 vers des personnes malades, et notamment de personnes malades atteintes de fragilités immunitaires. Pour l’instant, les résultats sur l’efficacité de ce traitement sont en demi-teinte. Aux États-Unis, la Food And Drug Administration a tout de même autorisé l’usage du plasma convalescent auprès des patients hospitalisés, et plus particulièrement ceux dont des dispositions médicales bloquent la production d’anticorps.

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