Selon une hypothèse, une neuvième planète serait dissimulée au fond du système solaire. Il est même envisagé que cette Planète 9 soit un trou noir. Dans ce cas, des scientifiques pensent que l'objet pourrait être détectable à l'aide de comètes.

Et si la Planète 9, cet astre hypothétique caché au fond du système solaire, était un très petit trou noir ? Le scénario est considéré par de nombreux scientifiques. Si « Phattie » (surnom parfois donné à la Planète 9) existe sous cette forme, des chercheurs pensent qu’il serait possible de la détecter grâce aux lueurs émises lorsqu’elle avale des comètes.

Ce sont des scientifiques de l’université de Harvard qui explorent cette possibilité, dans une étude acceptée par The Astrophysical Journal Letters, présentée le 9 juillet 2020 et déjà consultable sur arXiv. « Nous proposons une méthode qui fait la distinction entre une planète et un trou noir », écrivent les auteurs. Cette approche fait appel au nuage de Oort, une structure s’étendant jusqu’à 100 000 unités astronomiques du Soleil, qui pourrait contenir environ 1 000 milliards de comètes.

Si la Planète 9 existe bien sous forme de trou noir, elle doit faire la taille d’une balle de tennis. // Source : Pexels/Bogdan Glisik (photo recadrée)

En heurtant l’hypothétique trou noir que serait la Planète 9, de petits objets du nuage de Oort pourraient émettre des signaux lumineux, estiment les scientifiques. Un trou noir possède un champ gravitationnel intense. Lorsqu’un trou noir capture de la matière, sous l’effet de cette gravitation, on parle d’accrétion. Si Phattie existe et s’avère effectivement être un trou noir, on pourrait imaginer qu’elle intercepte des comètes de ce nuage. La matière constituant ces corps émettrait un rayonnement en étant happée par le trou noir.

Une mission pour le futur observatoire Vera-C.-Rubin ?

Tout l’enjeu serait alors de détecter de tels rayonnements. « Le prochain programme d’observation du LSST sera en mesure d’exclure ou de confirmer la Planète 9 comme un trou noir d’ici un an », estiment les auteurs. Ils font référence à l’observatoire Vera-C.-Rubin (auparavant nommé Large Synoptic Survey Telescope, LSST), un télescope optique en cours de construction au nord du Chili. Aujourd’hui, rechercher la Planète 9 à l’aide d’un télescope est très complexe : difficile de savoir vers quelle zone précise du ciel pointer un instrument (on n’a qu’une idée large de la région où serait logée Phattie). Le très large champ de vision de l’observatoire Vera-C.-Rubin pourrait changer la donne.

« Si la Planète 9 est un trou noir, son existence peut être découverte par le LSST en raison de brèves lueurs d’accrétion alimentées par de petits corps du nuage de Oort, qui seraient détectées à un taux d’au moins quelques-uns par par an », résument les auteurs.

Même si elle est régulièrement remise en question, l’hypothèse de l’existence de la Planète 9 est intéressante, ne serait-ce que pour les potentielles implications qu’une telle découverte aurait. Identifier une planète méconnue en périphérie du système solaire, qui plus est un trou noir, supposerait de s’interroger sur son origine, ses propriétés et le rôle que cet astre aurait pu jouer dans le système solaire.

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