Des scientifiques doutent que l'hypothétique Planète 9, telle qu'on l'imagine, puisse être à l'origine de perturbations dans l'orbite de certains objets transneptuniens. Or, cette perturbation est un argument invoqué pour dire que l'astre pourrait exister.

L’existence de la supposée Planète Neuf est remise en question dans une nouvelle étude, repérée par New Scientist le 21 avril 2020. Ce texte, déposé sur la plateforme arXiv (il n’a donc pas encore été révisé par des pairs) fin mars, nuance l’hypothèse de l’existence d’une neuvième planète dans le système solaire en s’intéressant à des corps en orbite autour du Soleil et situés au-delà de l’orbite de Neptune.

Pour expliquer des comportements étranges de la part d’objets transneptuniens, des scientifiques ont émis l’hypothèse qu’une planète se cacherait au fond du système solaire. Cet astre invisible qui évoluerait sur une orbite éloignée pourrait être une super-Terre. Sa présence aurait des conséquences sur les objets transneptuniens. C’est la « preuve de perturbations gravitationnelles d’une super-Terre invisible sur une orbite éloignée », exercées sur ces objets, que les chercheurs de la nouvelle étude ont voulu tester.

Les plus grands objets transneptuniens connus. // Source : Wikimedia/CC/Lexicon (photo recadrée)

D’où vient l’hypothèse d’une neuvième planète ?

L’hypothèse de la présence d’une neuvième planète dans le système solaire a été proposée pour la première fois en 2014. Des astronomes affirment alors que certains objets de la ceinture de Kuiper, une zone du système solaire située derrière l’orbite de Neptune, voient leur orbite perturbée. Une planète restée invisible pourrait être ce perturbateur massif. Pour l’instant, la preuve de son existence n’a pas été apportée, mais les théories foisonnent. L’an dernier, une étude soupçonnait par exemple que la Planète Neuf serait en réalité un petit trou noir.

Les chercheurs s’intéressent à des objets transneptuniens relevés dans le cadre du programme DES (Dark Energy Survey), qui cartographie des galaxies pour mieux comprendre l’énergie noire. Et leur trouvaille est claire : ces objets n’ont pas besoin de l’hypothèse d’une Planète 9 pour être tels qu’ils sont.

« Pouvons-nous dire que les objets transneptuniens extrêmes du DES sont alignés comme on devrait s’y attendre avec l’idée [que l’on se fait] de la Planète 9 ? (alerte spoiler : non) », affirme Pedro Bernardinelli, doctorant en physique et astronomie à l’Université de Pennsylvanie et co-auteur de l’étude, dans un tweet.

Mais l’hypothèse n’est pas complètement écartée

Autrement dit, l’hypothèse de la Planète Neuf ne serait pas nécessaire pour expliquer les données sur les objets transneptuniens considérées dans ces travaux. « Les données de DES prises isolément […] ne requièrent pas l’hypothèse de la ‘Planète 9’ », peut-on lire dans l’étude. Cela signifie-t-il que les auteurs peuvent remettre totalement en cause l’existence d’une neuvième planète ? Pas tout à fait. Certes, cette étude n’est pas très encourageante pour celles et ceux qui attendent que l’on identifie enfin cet astre supposé.

Néanmoins, les auteurs indiquent bien que les données « ne faussent nullement cette hypothèse ». Pour que l’hypothèse de l’existence d’une Planète Neuf soit complètement écartée, il faudrait pouvoir la chercher absolument partout dans le ciel et ne pas la trouver, comme le note Futurism. Enfin, il faut rappeler que cette étude explore un nombre limité de données. Et on sait que les orbites des objets transneptuniens peuvent être difficiles à étudier précisément, car de tels objets sont très éloignés du Soleil. Le mystère demeure donc.

Crédit photo de la une : Wikimedia/CC/Tomruen, ESO (image recadrée et modifiée)

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