Le cerveau du dinosaure Bissektipelta archibaldi, membre du groupe des Ankylosaures, est un peu mieux compris. Des scientifiques sont parvenus à reconstituer sa boîte crânienne en 3D à partir de fossiles.

La boite crânienne d’un dinosaure a été reconstituée à l’aide d’un modèle en trois dimensions. Le spécimen en question est un Bissektipelta archibaldi. La reconstitution en 3D de son cerveau a été présentée dans une étude, publiée dans la revue Biological Communications le 5 juin 2020.

La visualisation donne de précieux renseignements sur ce dinosaure herbivore, membre du groupe des Ankylosaurus (ou ankylosaures). On sait ainsi que les dinosaures appartenant à ce genre devaient avoir la capacité de refroidir leur cerveau, que leur odorat était certainement très développé et qu’ils pouvaient entendre des sons émis à basse fréquence — tout cela en ayant un cerveau relativement petit.

La boîte crânienne du Bissektipelta archibaldi reconstituée. // Source : St Petersburg University

Le genre des Ankylosaurus est apparu au milieu du Jurassique, il y a environ 160 millions d’années et a disparu lors de l’extinction Crétacé-Paléogène il y a 66 millions d’années. On pense que ces dinosaures avaient une apparence comparable aux tortues ou aux tatous actuels, qu’ils possédaient une armure épaisse et qu’ils avaient peut-être une queue massue.

Un odorat très développé

À partir de restes préservés d’ankylosaures retrouvés en Ouzbékistan, les chercheurs ont pu reconstituer la boîte crânienne du dinosaure, y compris sa vascularisation. Trois fragments de crânes fossilisés, découverts dans les années 1990 et 2000, ont été transférés à l’université d’État de Saint-Pétersbourg. Ceux-ci ont servi à construire un endocaste, c’est-à-dire un moulage de la zone creuse. « L’endocaste produit est plus un plâtre des méninges […] que du cerveau lui-même », expliquent les auteurs. Le moulage, bien qu’il ne puisse pas révéler à quoi ressemblait le cerveau dans sa totalité, peut aider à mieux comprendre les structures cérébrales de l’être vivant dont les restes ont été fossilisés.

Après trois ans de travail, les scientifiques ont compris que le cerveau du Bissektipelta archibaldi était en grande partie occupé par des bulbes olfactifs : ils occupaient 60 % de la taille des hémisphères du cerveau. Pour ce dinosaure à la carapace lourde, sentir un potentiel prédateur s’approcher devait être vital. À titre de comparaison, les bulbes olfactifs du Tyrannosaurus rex, connu pour son olfaction, devaient eux occuper 65 à 70 % de la taille des hémisphères du cerveau. « L’odorat était un sens très développé et d’une importance critique pour la plupart des ankylosaures connus », indiquent les chercheurs.

Il pouvait refroidir son cerveau

Les travaux ont aussi révélé un subtil réseau de veines et d’artères dans la boîte crânienne, qui semblent communiquer entre elles et non diriger le sang dans une seule et même direction. C’est pourquoi les chercheurs en concluent que le Bissektipelta archibaldi devait être capable de « maintenir des températures optimales », en refroidissant son cerveau.

Les auteurs souhaitent désormais étudier les fossiles d’autres espèces d’ankylosaures, afin de tester si leurs hypothèses s’appliquent aussi à leurs boîtes crâniennes. Ils ont également créé des endocastes de dinosaures appartenant à la famille des hadrosauridés (des « dinosaures à bec de canard ») dont les fossiles ont aussi été trouvés en Ouzbékistan.

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