Le sort de l'étoile Bételgeuse, dans la constellation d'Orion, intrigue les scientifiques et le grand public. Néanmoins, l'astre n'est pas si singulier qu'on pourrait le croire. D'autres étoiles ont connu des évolutions comparables.

Qu’arrive-t-il à Bételgeuse ? Le sort de cette étoile est particulièrement médiatisé depuis quelques mois. La luminosité de l’astre est en train de faiblir, ce qui a pu laisser penser que la supergéante rouge serait sur le point de devenir une supernova (une étoile arrivée en fin de vie qui explose). Néanmoins, cet événement a peu de chances de se produire. D’ailleurs, le sort de l’étoile n’est pas aussi unique qu’on pourrait le penser.

Une équipe de scientifiques a réussi à obtenir une nouvelle image de l’astre, qui permet de constater sa perte d’éclat et un changement notable de sa forme. Le cliché est impressionnant, mais il ne doit pas faire oublier que Bételgeuse n’est pas un cas aussi à part que cela. « Bételgeuse n’est pas la seule étoile dans ce cas, il y a d’autres étoiles qui ont déjà connu un sort comparable », explique à Numerama Miguel Montargès, astronome à la KU Leuven de Belgique. Il dirige l’équipe de recherche qui a obtenu la nouvelle image.

La position de Bételgeuse dans la constellation d’Orion. // Source : Flickr/CC/1CM69 (photo recadrée et annotée)

L2 Puppis, Mira ou Eta Carinae : d’autres étoiles qui se sont fait remarquer

Le spécialiste mentionne plusieurs exemples d’étoiles dont le comportement a déjà pu paraître intrigant par le passé. Au début des années 2000, les scientifiques constatent que l’étoile L2 Puppis, située dans la constellation de la Poupe, cesse d’être visible. La raison de ce changement est identifiée : il est expliqué par la présence d’un disque de poussière. On a découvert que cette géante rouge était encerclée par un imposant disque poussiéreux, situé à 900 millions de kilomètres de l’astre (bien plus que la distance entre Jupiter et le Soleil).

D’autres astres connaissent des chutes de leur luminosité apparente bien plus imposantes que celle qui se produit chez Bételgeuse. « C’est aussi le cas de l’étoile Mira, dont la luminosité peut varier en 6 mois, poursuit Miguel Montargès. Sa magnitude peut passer de 2 à 9. » La magnitude d’une étoile permet d’estimer son éclat apparent : plus un objet est brillant, plus sa magnitude est faible (elle peut être négative, comme celle de la pleine lune par exemple). Mira, située dans la constellation de la Baleine, connait des variations périodiques qui expliquent qu’on ne puisse parfois pas la voir à l’œil nu. « À côté, la baisse de luminosité de Bételgeuse est limitée, elle est 400 fois moins importante », décrit Miguel Montargès.

Autre exemple : l’étoile Eta Carinae, située dans la constellation de la Carène. « L’étoile Eta Carinae a aussi connu une importante explosion au 19e siècle et s’est retrouvée prise dans une coque de poussière », décrit l’astronome. Les scientifiques ont ensuite compris que cette Gigantesque éruption était liée à l’expulsion, par l’une des étoiles composant le système Eta Carinae, de grandes quantités de gaz et de poussières.

Même si Bételgeuse est moins atypique qu’on aurait pu le penser, il faut reconnaître que le sort de l’astre suscite un intérêt très vif. Comment l’expliquer ? « La popularité de Bételgeuse tient sans doute à plusieurs facteurs. D’abord, elle se trouve dans la constellation d’Orion, la plus facile du ciel à repérer à l’œil nu. L’étoile Bételgeuse est facile à identifier, surtout avec le contraste bleu-rouge qu’elle forme avec une autre étoile, Rigel », décrit Miguel Montargès. Pour de nombreux astronomes, Bételgeuse a sans doute été l’une des premières étoiles qu’ils et elles ont appris à repérer dans le ciel. Moins étonnant, dès lors, que ses curieuses oscillations fascinent tant.

Partager sur les réseaux sociaux