Le réchauffement planétaire contribue à l’élévation du niveau des mers quand les glaces des pôles fondent. Mais ce n’est pas la banquise qui, en fondant, fait monter le niveau de l’eau. Ce sont les glaciers formés d’eau douce. On vous explique tout.

Le niveau des mers risque de monter bien plus que prévu d’ici la moitié du siècle. Les études se succèdent pour alerter sur les risques de la fonte des glaces. Elles anticipent par exemple que le Groenland pourrait fondre entièrement d’ici la fin du millénaire. Mais qu’est-ce qui fond exactement, quand le niveau des mers monte ? Contrairement à ce qu’on pourrait penser spontanément, ce n’est pas la banquise.

Pour comprendre pourquoi ce n’est pas la fonte de la banquise qui fait monter le niveau de la mer, il faut comprendre la différence entre deux types de glaces : la glace de terre (glacier) et la glace de mer (banquise). Quand la glace de terre fond, c’est elle qui ajoute de l’eau dans les mers.

Banquise, calotte, inlandsis : quelles différences ?

La banquise, ou glace de mer, est une couche de glace dont l’épaisseur peut varier. Elle est le résultat de la congélation de l’eau de mer entre -1 ou -2°C, en fonction de la salinité de l’eau (sa teneur en sel). On peut parler de banquise côtière quand elle est attachée au rivage ou de banquise dérivante quand elle ne l’est pas et qu’elle se déplace avec les courants.

Si l’on veut être rigoureux, parler de glacier pour désigner la banquise est impropre : le glacier est formé par un amas de glace continentale, qui s’est elle-même formée à partir de la neige. Le glacier, qui s’écoule lentement, est constitué d’eau douce. Il se forme sur le continent. La calotte glaciaire est un type de glacier, qui a la particularité d’être étendu et épais. Cette calotte couvre une superficie d’au maximum 50 000 kilomètres carrés, comme le précise le National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

Quand la superficie est plus importante, on parle d’inlandsis ou de calotte polaire. On peut se rendre compte de cette distinction en comparant l’Islande et le Groenland sur une carte, conseille le NSIDC : le glacier de l’Islande est une calotte glaciaire. Sur la planète, il n’existe que deux inlandsis, en Antarctique (le plus étendu) et au Groenland.

Le glacier de l'Islande est une calotte glaciaire. Au Groenland, c'est un inlandsis. // Source : Capture d'écran Google Maps, annotations Numerama
Le glacier de l’Islande est une calotte glaciaire. Au Groenland, c’est un inlandsis. // Source : Capture d’écran Google Maps, annotations Numerama

La calotte polaire de l’Antarctique recouvre la plus grande partie du « continent blanc », au pôle sud de la planète. Mais cet inlandsis s’étend aussi sur l’océan Austral avec ce qu’on appelle des barrières de glace (un glacier qui prolonge l’inlandsis sur la mer). C’est le cas de la Barrière de Ross (ou plateforme de Ross), la plus grande des barrières de glace de l’Antarctique. L’Arctique, au pôle nord, n’est pas considéré comme un continent. Ce territoire est essentiellement formé d’un océan recouvert de banquise. Une partie de cette banquise est pérenne (elle reste en place pendant la fonte estivale). L’Arctique est entouré par des terres, dont le Groenland.

Les icebergs viennent-ils de la banquise ou des glaciers ?

Mais alors, d’où viennent les icebergs ? Ces blocs de glace sont formés d’eau douce. Ils se détachent du front des glaciers (la limite des glaciers) ou des barrières de glace flottantes. Ils ne viennent donc pas de la banquise. Quand les icebergs fondent, ils contribuent à l’élévation du niveau des mers, comme quand les autres glaciers continentaux fondent.

Quand la banquise fond, elle ne fait pas monter le niveau de la mer. Puisqu’elle est formée par de l’eau de mer congelée, sa fonte ne met pas d’eau supplémentaire dans les mers. Cela ne veut pas dire que la disparition de la banquise sur le long terme n’est pas inquiétante : elle peut nuire aux écosystèmes qui y vivent. Le réchauffement planétaire menace de fragiliser la banquise pérenne, obligeant les animaux à chercher refuge ailleurs.

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