Les pôles de la planète se réchauffent particulièrement vite. Comment expliquer ce phénomène, très prononcé en Arctique ?

On ne compte plus les rapports et études qui anticipent les conséquences de la fonte des glaces. Avec la hausse des températures planétaires, les glaces de l’Antarctique fondent six fois plus vite qu’il y a 40 ans. En Arctique, la température de l’air augmente deux fois plus vite que la moyenne mondiale.

Pourquoi les pôles, et en particulier le pôle Nord, ont-il tendance à se réchauffer plus vite que le reste de la planète ? L’explication invoquée pour comprendre la hausse accrue des températures aux pôles est la fonte des glaces. La banquise blanche présente la particularité de refléter les rayons du soleil.

L’Antarctique. // Source : Pxhere/CC0 Domaine public (photo recadrée)

Qu’est-ce que l’albédo ?

Le pouvoir réfléchissant de cette surface est connu sous le nom d’« albédo ». Comme l’explique le CNRS, « cette variable […] exprime la part de rayonnement solaire qui va être renvoyée vers l’atmosphère et la surface terrestre vers l’espace et qui ne servira pas à chauffer la planète ».

On exprime l’albédo en pourcentage — celui de la lumière réfléchie par la surface, par rapport à la quantité de celle qu’elle reçoit. La glace a un albédo d’environ 60 %, tandis que celui de la neige peut aller jusqu’à 90 %. Lorsque la banquise fond, elle modifie cet albédo, qui change lui même les échanges d’énergie sur la Terre. Tout ceci influence le climat, selon le CNRS.

La lumière du soleil reflétée par le Groenland à l’été 2011, comparé aux années 2000 à 2006. // Source : Wikimedia/CC/NOAA

En fondant, les glaces laissent la place à l’océan, plus sombre. Celui-ci absorbe davantage de chaleur solaire que la banquise — son albédo est compris entre 5 et 10 %. Cette absorption de chaleur limite les chances que la banquise se renouvelle et augmente celles que le réchauffement climatique s’accélère.

Un cercle vicieux

Finalement, la situation produit un système en boucle : l’absorption de la chaleur fait monter les températures, qui accentuent elles-mêmes la fonte des glaces et donc la diminution de leur albédo. Par ailleurs, le réchauffement des pôles est encouragé par un autre élément : des déplacements de chaleur qui ont lieu dans l’atmosphère et les océans terrestres, en direction des pôles.

On peut utiliser l’expression d’ « amplification polaire » pour décrire le changement climatique plus important des pôles. Il ne concerne cependant pas de la même manière l’Arctique et l’Antarctique. Le continent blanc est moins affecté par le réchauffement que le pôle Nord grâce à son « énorme couverture de glace et ses températures extrêmes », selon le CNRS.

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