Il y a plus d'un million d'années, nos ancêtres avaient déjà tendance à utiliser davantage leur main droite. En observant des dents fossilisées, des chercheurs ont noté la présence de stries liées à l'utilisation d'outils avec cette main.

Des chercheurs pensent avoir trouvé « la plus ancienne preuve de la droiterie [ndlr : le fait d’écrire de la main droite] dans des archives fossiles. » C’est ainsi qu’ils ont intitulé leur étude, publiée le 18 octobre 2018 dans la revue scientifique Journal of Human Evolution. Selon eux, il est possible de comprendre pourquoi une majorité d’êtres humains préfère utiliser la main droite pour écrire ou prendre des objets.

En étudiant un spécimen d’os maxillaire fossilisé, ils sont parvenus à la conclusion que nos ancêtres étaient déjà droitiers au moment de manipuler des objets vers leur bouche. L’individu auquel appartenait cet os, rebaptisé OH-65, aurait vécu il y a 1,8 million d’années : la forme du fossile montre qu’il avait développé sa droiterie.

Des « stries obliques » révélatrices

Les chercheurs se sont aperçus que l’os présentait « une concentration de stries obliques » dont la localisation montre que OH-65 préférait utiliser sa main droite. Ce n’est donc pas en observant d’anciens fossiles de mains, comme on aurait pu l’imaginer, qu’ils ont découvert que les êtres humains ont manifesté à cette époque une préférence pour l’une ou l’autre de leurs deux mains.

Si les droitiers sont majoritaires, c’est à cause de l’évolution. // Source : Pxhere/CC0 Domaine public (photo recadrée)

Comme le notent les auteurs de l’étude, ce fossile a gardé « toutes ses 16 dents. » Les scientifiques estiment que cet os maxillaire était bien celui d’un adulte, appartenant à l’espèce Homo habilis qui vivait sur le continent africain. D’après eux, il « conserve la preuve de l’utilisation des faces vestibulaires de ses dents antérieures comme une barre de coupe. »

16 dents rayées différemment

Bien que d’autres chercheurs aient déjà noté l’existence de stries sur ces dents, la corrélation avec la manière dont le spécimen OH-65 portait des objets à sa bouche n’avait pas été faite. Or, les auteurs de cette étude notent que les stries sont moins nombreuses « sur les incisives latérales et les canines », qu’ils ont observées sur le fossile original et l’un de ses moulages.

L’os maxillaire du spécimen OH-65. // Source : Journal of Human Evolution

En constatant que les stries les plus fréquentes sont de forme « oblique droite » (31 % des marques observées), les scientifiques concluent qu’il s’agit de « preuves évidentes de la droiterie » de l’homo habilis OH-65.

Ils reconnaissent que cet unique spécimen « ne constitue pas un cas irréfutable » et que d’autres études doivent être conduites pour confirmer que l’usage de la main droite fait partie « des composantes importantes à l’origine de notre genre. »

Crédit photo de la une : Pixabay/CC0 Domaine public (photo recadrée)

Partager sur les réseaux sociaux