L'ouragan Florence menace trois États américains de ses vents violents et d'une montée des eaux. Un tel phénomène n'est pas habituel à cette latitude. Comment se fait-il qu'il parvienne à s'intensifier malgré tout ?

La côte est des États-Unis se prépare à l’arrivée de l’ouragan Florence. Le 11 septembre 2018, les autorités météorologiques américaines ont diffusé une alerte qui concerne les États de Virginie, de Caroline du Nord et de Caroline du Sud. L’AFP précise que plus de 1,25 million de personnes doivent évacuer le rivage, car la montée des eaux risque d’être dévastatrice.

Le National Hurricane Center (NHC) a relevé des vents atteignant 220 km/h, plaçant l’ouragan sur l’avant-dernière catégorie de l’échelle de Saffir-Simpson. « Il est prévu que Florence se renforce encore et qu’il soit jusqu’à jeudi un ouragan majeur extrêmement dangereux », complète le centre. Dans cette partie du globe, il n’est pas habituel de voir des ouragans aussi intenses.

À ces latitudes, l’eau est plus froide

Comme l’explique J. Marshall Sheperd, spécialisé dans les sciences atmosphériques au sein du département de géographie de l’université de Georgie, l’ouragan Florence se distingue de ses homologues. Le chercheur explique que les ouragans puisent habituellement leur puissance d’une eau chaude atteignant au moins la température de 26° C. Or, plus on se dirige haut dans l’hémisphère nord, plus la température des océans a tendance à refroidir.

L’ouragan Harvey qui a touché le Texas en 2017. // Source : NOAA/NASA GOES Project

Pourtant, la force de l’ouragan Florence ne faiblit pas. « Les eaux dans lesquelles Florence se déplace sont très chaudes, ce qui ne devrait pas empêcher la tempête. Il se déplace aussi dans une région il n’y a pas suffisamment de cisaillement du vent [ndlr : une variation dans la vitesse ou la direction du vent] pour déchirer la tempête », explique J. Marshall Sheperd.

Autrement dit : les conditions sont réunies pour que l’ouragan Florence puisse s’intensifier dans les jours à venir. Bien qu’un tel événement soit rare, certains scientifiques ont déjà observé que les ouragans se produisant dans l’Atlantique nord avaient tendance à devenir de plus en plus intensifs.

Le réchauffement climatique rend les ouragans plus intensifs dans cette zone

S’ils ne sont pas plus nombreux, la vitesse de leur vent tend à augmenter, ainsi que les précipitations dont ils sont à l’origine. Le réchauffement climatique ne serait pas étranger à ce phénomène, remarquait en décembre 2017 l’Union of Concerned Scientists.

Ces raisons permettent de comprendre pourquoi Florence risque d’être un ouragan très puissant, qui rappelle le phénomène Harvey survenu en août 2017 au Texas. Non seulement l’ouragan devrait atteindre les terres, mais il pourrait surtout s’y installer quelques jours, anticipe l’expert interrogé par The Verge.

« Ce sont les ingrédients parfaits pour un désastre comme une inondation, d’autant plus que la zone qui risque d’être touchée est déjà saturée », assure-t-il.

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