La mission Artémis I s’est terminée sur un succès : la capsule Orion est bien revenue sur Terre après son tour de la Lune. Mais, ce n’est que le début d’une longue aventure pour la Nasa et les autres agences partenaires.

Cela valait le coup d’attendre. Après une succession de reports, la mission Artémis I avait réussi à quitter la Terre le 16 novembre 2022 grâce à l’action du Space Launch System (SLS), la nouvelle super-fusée de la Nasa. Après une odyssée de 25 jours autour de la Lune, la capsule Orion a achevé son voyage en terminant sa course dans l’océan Pacifique, le 11 décembre.

Cette première grande phase du programme Artémis, qui consiste à ramener des astronautes sur la Lune dans la décennie 2020, est considérée comme une grande réussite chez les agences spatiales liées au projet. « Une mission lunaire historique », s’enthousiasme la Nasa. « Félicitations », a lancé la patronne de l’agence spatiale canadienne, Lisa Campbell.

Le retour d'Artémis. // Source : Flickr/CC/Nasa Johnson (photo recadrée)
Splashdown ! // Source : Nasa Johnson

En Europe aussi, on est très satisfait : « Je suis actuellement l’homme le plus heureux du monde au vu des performances du module de service européen » a réagi Philippe Deloo, chef du programme du module de service européen pour Orion au sein de l’Agence spatiale européenne. « Le module s’est comporté comme prévu, et mieux encore. »

Bien que la mission Artémis I soit essentiellement américaine, elle comporte un volet européen non négligeable : ce module de service européen est un « élément majeur » d’Orion, dixit l’ESA, puisqu’il en assure certaines des fonctions les plus « essentielles ». Un exemple ? C’est ce segment qui gère le système de propulsion pour transporter l’équipage autour de la Lune et assurer leur survie.

Quelle est la suite du programme après Artémis I ?

Dans les jours à venir

La mission Artémis I étant désormais terminée, quelle est la suite du programme ? Dans l’immédiat, il s’agit de rapatrier la capsule Orion jusqu’à bon port. Elle a été tout juste repêchée dans l’océan Atlantique et il faut la ramener sur la terre ferme, a rappelé la Nasa le 11 décembre. Cette phase prendra quelques jours, l’amerrissage ayant eu loin des côtes.

Une fois aux États-Unis, Orion sera transférée jusqu’au centre spatial Kennedy, situé de l’autre côté du pays, le long de l’Atlantique, en Floride. Le voyage se fera par camion et prendra là aussi plusieurs jours. La Nasa procédera alors à l’ouverture de l’écoutille pour y sortir diverses charges utiles — des expériences de biologie spatiale — mais également Campos et Snoopy.

Dans les mois à venir

Après cette première phase initiale, la Nasa indique qu’une phase longue de plusieurs mois va démarrer pour évaluer les données et l’état physique de la capsule ainsi que de son bouclier thermique. Il s’agit pour la Nasa de préparer le coup d’après — Artémis II — en faisant un retour d’expérience pour ajuster, éventuellement, capsule spatiale.

En parallèle, la Nasa et ses partenaires préparent Artémis II. Typiquement, Boeing prévoit de livrer le deuxième étage central du Space Launch System — le deuxième exemplaire — au mois de mars. Contrairement à des fusées conçues par SpaceX, le SLS n’est pas réutilisable et recyclable. Il faut donc construire un lanceur pour chaque tir.

Du côté européen, le deuxième module de service est déjà prêt et livré depuis 2021. Il est destiné à Artémis II. L’Agence spatiale européenne prépare déjà les suivants. Le troisième module sera fourni en 2023 et le quatrième est en cours de fabrication. Le cinquième est également sur les rails. L’entraînement des astronautes se poursuit évidemment en parallèle, jusqu’au décollage.

L'étage central de la fusée SLS est le plus grand composant du lanceur // Source : Nasa
L’étage central de la fusée SLS est le plus grand composant du lanceur. // Source : Nasa

Dans les années à venir

Et, ensuite ? On attend Artémis II en 2024. Il s’agit simplement de refaire le vol d’Artémis I, en suivant la même trajectoire, mais avec un équipage à bord. Les quatre astronautes feront un petit tour autour de la Lune, pendant une durée semblable, d’un peu plus de trois semaines. L’équipage doit être composé de trois Américains et un Canadien.

Et, ensuite ? Artémis III est fixé pour 2025, avec une première exploration de la Lune par des astronautes. L’Europe aimerait placer l’un de ses astronautes à bord. Paris, bien sûr, pense fortement à Thomas Pesquet. Ce sera alors la première fois depuis plus de cinquante ans que l’humanité revient sur la Lune, après la mission Apollo 17, qui a marqué la fin d’une ère.

À plus long terme, la Nasa a aussi noté sur son calendrier deux autres grands rendez-vous : Artémis IV et V, espérés pour 2027 et 2028. Il s’agirait alors de poursuivre et de prolonger la présence humaine sur la Lune, en profitant de la station spatiale lunaire, construite en parallèle pendant la décennie. Et, après 2030 ? Peut-être des missions de long terme.


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