Eric Schmidt et son épouse Wendy financeront, via leur organisation philanthropique Schmidt Sciences, quatre instruments astronomiques de pointe présentés le 7 janvier 2026 lors d’une réunion de l’American Astronomical Society, une société savante regroupant des astronomes aux États-Unis. Cette annonce intervient dans un contexte de coupes budgétaires dans le monde de la science.

C’est un signal de bascule : Eric Schmidt, ancien patron de Google, et son épouse Wendy, vont financer sur fonds privés via leur organisation philanthropique Schmidt Sciences, quatre télescopes astronomiques de pointe. L’annonce a été faite le 7 janvier 2026 à Phoenix, en Arizona, lors d’une conférence de l’American Astronomical Society. Trois seront déployés au sol. Le quatrième, du nom de Lazuli, sera un télescope spatial annoncé avec une surface collectrice 70 % supérieure à celle de Hubble et une ambition assumée de lancement dès 2029, si le calendrier est tenu, rapporte Astronomy Magazine.

« Il s’agit d’une expérience visant à accélérer les découvertes en astrophysique », a expliqué Arpita Roy, directrice de l’Institut de l’espace et d’astrophysique de Schmidt Sciences, lors de la conférence. Ainsi, les missions des télescopes de Schmidt Sciences sont conçues pour une exploitation scientifique de 3 à 5 ans, et non pour durer des décennies.

Le télescope Lazuli, comparable à Hubble

Les performances du télescope spatial Lazuli seront proches de Hubble, mais « à un prix dérisoire », selon Pete Klupar, directeur exécutif de Schmidt Sciences, qui s’est également exprimé lors du dernier sommet de l’American Astronomical Society. L’appareil doit embarquer un miroir de 3 mètres et un coronographe, un dispositif qui masque la lumière des étoiles pour mieux repérer les exoplanètes. Autre atout mis en avant : une conception lui permettant de se déplacer vite dans le ciel pour capturer les explosions cosmiques dès leur déclenchement. Les objectifs scientifiques de Lazuli ont été détaillés dans une prépublication sur arXiv le 6 janvier.

Au sol, le réseau Argus espère révolutionner l’observation depuis la Terre : il regroupera 1 200 petits télescopes qui, combinés, équivaudront à un télescope de 8 mètres. Piloté par Nicholas Law de l’Université de Caroline du Nord et potentiellement opérationnel dès 2028, il disposera d’un champ de vision gigantesque de 8 000 degrés carrés, de quoi capturer en quelques secondes tout le ciel boréal visible en une seule image, sans collage de photos.

Une nouvelle voie pour financer les recherches spatiales

Autre volet du projet, le Deep Synoptic Array (DSA) va transformer l’observation radio du ciel grâce à un réseau géant de 1 656 antennes de 1,5 mètre déployé dans le Nevada. Prévu pour entrer en service en 2029, il a été pensé pour scanner les longueurs d’onde radio à une cadence sans équivalent, au point de pouvoir ajouter environ 10 millions de nouvelles sources dès sa première journée d’opération – soit un doublement du catalogue connu. Cette moisson permettra de débusquer des trous noirs actifs et des noyaux galactiques.

Dernière pièce du puzzle, le Large Fiber Array Spectroscopic Telescope (LFAST) sera un vaste réseau de petits télescopes conçus pour capturer la lumière d’objets peu lumineux. Il permettra notamment d’analyser « l’air » des planètes lointaines pour y débusquer des indices de vie – des biosignatures – et filmer les derniers instants des étoiles en train d’exploser. Après une année secouée par les projets de coupes massives dans le budget de la Nasa, contestés par le Congrès, l’annonce résonne comme un signal fort : un télescope spatial puissant peut être financé sans l’aide de l’État.

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