C’est une étude scientifique massive, au Royaume-Uni, qui aboutit de nouveau à cette conclusion : la viande dans le régime alimentaire a un impact énorme sur les écosystèmes de la planète, que ce soit en lien avec le climat ou la biodiversité.

Les données de 55 000 personnes, au Royaume-Uni, ont été passées en revue pour cette étude parue dans Nature Food le 20 juillet 2023. Leurs préférences alimentaires — à manger et à boire — ont été mises en lien avec 5 impacts sur la planète, qui jouent tous un rôle dans la crise climatique et écologique :

  • Les gaz à effets de serre
  • L’utilisation des sols
  • L’utilisation de l’eau
  • La pollution des eaux (eutrophisation)
  • La perte de biodiversité

Le résultat de cette étude est sans appel : l’alimentation végane équivaut à 30 % de l’impact environnemental total de la population mangeant de la viande. Point par point :

  • Les végans ont 25,1 % de l’impact de ceux qui mangent de la viande pour les émissions de gaz à effet de serre ;
  • 25,1 % pour l’usage des sols
  • 46,4 % pour l’usage de l’eau
  • 27 % pour la pollution des eaux
  • 34,3 % pour la biodiversité

« Malgré les variations importantes dues au lieu et au mode de production des aliments, la relation entre l’impact sur l’environnement et la consommation d’aliments d’origine animale est claire et devrait inciter à réduire cette dernière », écrivent les auteurs de l’étude.

Pourquoi la contribution de la viande à la crise écologique est importante

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette différence écologique dans l’impact, et ils sont déjà connus. La production de viande contribue, à elle seule, à plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre du secteur alimentaire.

Moins de viande réduit l'impact sur la planète, les études scientifiques s'accumulent. // Source : Canva
Moins de viande réduit l’impact sur la planète, les études scientifiques s’accumulent. // Source : Canva

La viande nécessite de grandes parcelles de terres, ce qui décroît l’usage des sols. Et pour ce faire, cela implique du défrichage : la destruction de forêts. Or, cette biomasse constitue aussi du stockage de carbone ; leur abattage signifie davantage de carbone dans l’atmosphère (contribuant à l’effet d’emballement du réchauffement, donc). Ensuite, pour nourrir les animaux d’élevage, d’énormes quantités d’engrais peuvent être utilisées pour les plantes qui servent de nourriture. Enfin, le bétail lui-même produit des gaz à effet de serre, notamment du méthane.

La différence entre la production de viande et celle de végétaux est ainsi considérable, même si celle provenant de végétaux n’est pas inexistante. Par exemple, en moyenne, produire 1 kilogramme de blé émet 2,5 kg de gaz à effet de serre, mais produire 1 kg de beauf émet 70 kg de gaz à effet de serre.

Le rôle de la viande dans la crise climatique et écologique est déterminant à quantifier et à rappeler, car l’ensemble du système alimentaire — de la production jusqu’à la consommation — constitue au minimum un tiers des émissions totales de gaz à effet de serre, chaque année. De même, l’agriculture correspond à 78 % de l’eutrophisation de l’océan et des eaux douces.

La nouvelle étude publiée dans Nature Food rappelle donc que la place de la viande dans le régime alimentaire est un sujet de société crucial dans la lutte contre le changement climatique et contre la sixième extinction. C’est cohérent avec d’autres travaux, qui évoquent aussi la santé : en avril 2023, une étude démontrait que la simple réduction de la viande, ainsi que de la nourriture ultra-transformée (« mal bouffe »), contribuait à rajeunir le cerveau.


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