Recompile nous plonge dans les entrailles d'un ordinateur contrôlé par une intelligence artificielle méchante. L'aventure s'appuie sur un sound design très enivrant.

Beep boop… beep… boop… b…eep… b…oop… Voilà un son que j’ai souvent entendu en jouant à Recompile, au point qu’il est devenu pour moi une sorte de guide, assez addictif. Ce jeu vidéo disponible depuis le 19 août 2021 sur PC, PS5 et Xbox Series X/S (il est déjà dans le Xbox Game Pass) vous permet d’incarner un programme informatique piégé dans un superordinateur, qui a été pris d’assaut par une intelligence artificielle agressive. Soit une thématique qui plaira assurément aux fans de tech, sachant que plusieurs sous-thèmes sont brossés dans les éléments de narration à ramasser.

Mais je préfère m’accrocher à ces beep boop, qui retentissent quand on appuie sur des interrupteurs. J’aime aussi les petits bruitages qui se produisent quand je tire sur les ennemis qui veulent m’éliminer, au milieu des pew pew échangés. Là encore, on peut souligner un sound design hypnotisant : il confère tout son charme à un jeu vidéo atypique, auréolé d’une direction artistique étrange. L’esthétique a des formes très géométriques et beaucoup d’effets de lumière aveuglants.

Recompile // Source : Dear Villagers

Se balader dans un PC, ou la promesse de Recompile

Derrière ses graphismes qui rappellent le culte Rez et ses notes de piano qui perturbent les beep boop, Recompile s’épanouit dans le genre Metroidvania (en version 3D). Concrètement, vous êtes chargé de redémarrer plusieurs systèmes du Mainframe en visitant différents environnements. L’ordre est à votre discrétion, mais il est important d’avoir à l’esprit que certaines zones ne se débloqueront qu’après avoir obtenu des pouvoirs. En effet, le héros reçoit régulièrement des mises à jour lui permettant d’évoluer, soit en gagnant une capacité (saut, dash, piratage, arsenal…), soit en obtenant des améliorations (double puis triple saut).

Au début, les premiers pas sont hésitants, d’autant que le gameplay ne se dompte pas si facilement. En témoigne la trajectoire des sauts qui n’offre pas une précision digne de ce nom, alors qu’il faut parfois faire preuve de doigté pour passer d’une plateforme à l’autre. Ce gros défaut, qui pourrait être rédhibitoire, est peu à peu gommé par l’apprentissage (les nombreux échecs) et les aptitudes de plus en plus évoluées. Ainsi, le triple saut change la donne, quand le jetpack transforme le cauchemar initial en véritable parcours de santé. C’est un autre reproche qu’on peut faire à Recompile : l’équilibrage peut paraître étrange en raison de bonus parfois trop puissants et/ou donnés trop vite.

Recompile // Source : Dear Villagers

Même s’il n’est pas exempt de tout reproche (les combats sont, au mieux, inintéressants), Recompile excelle dans l’architecture de ses niveaux. Les développeurs jouent avec la visibilité moindre — il fait souvent sombre — pour forcer la joueuse ou le joueur à observer avant de se lancer. Mieux, il est parfois nécessaire de volontairement se laisser tomber pour pouvoir ensuite monter plus haut. Recompile demande de faire pivoter la caméra à la recherche de ce point d’accès indispensable pour progresser. C’est dans cette notion d’exploration que l’expérience s’épanouit le plus.

Comme il s’agit d’un Metroidvania, Recompile offre l’opportunité de revenir dans des décors précédemment arpentés, en quête de secrets qu’on aurait loupés. Le studio Phigames a par ailleurs imaginé plusieurs fins possibles, en fonction de ce que les joueuses et les joueurs auront fait pendant les 4 à 5 heures requises pour voir le bout du tunnel. En somme, certains seront peut-être motivés à l’idée de découvrir tout ce que l’ordinateur cache dans ses entrailles, en plus des beep boop enivrants.

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