Certains joueurs estiment que la difficulté de Returnal est un peu trop élevée. Pour autant, ajouter un mode facile n'aurait aucun intérêt en raison de la structure de ce jeu proposé en exclusivité sur PS5.

Le 30 avril dernier, les propriétaires d’une PS5 ont découvert Returnal. Et, pour certains, l’attrait de la nouveauté s’est transformé en douche froide. La première grosse exclusivité de la console depuis son lancement impose un sacré challenge aux joueuses et aux joueurs, au point que plusieurs d’entre eux le trouvent beaucoup trop dur. De notre point de vue, Returnal n’est pas trop difficile, mais sa structure peut effectivement en décourager plus d’un. Est-ce qu’un mode facile pourrait contenter tout le monde ? Certainement. Mais il ne présenterait en réalité aucun intérêt, d’un point de vue vidéoludique.

Returnal se définit comme un rogue lite, un genre très populaire dans le segment des jeux vidéo indépendants. Il s’appuie sur la faculté du joueur ou de la joueuse à se transcender pour réussir, à force d’échecs répétés. Dès lors, mourir beaucoup, quitte à provoquer des frustrations, fait partie de l’expérience : il faut tomber, encore et encore, pour mieux se relever. Par ricochet, amoindrir le défi avec un mode dédié n’aurait ici aucun sens : la recherche de l’accessibilité à tout prix tuerait l’intérêt même de Returnal.

Returnal annonce la couleur d’entrée // Source : Capture PS5

Un mode facile n’est pas une obligation

On peut comprendre la levée de boucliers de certains joueurs. Elle est légitime : se sentir mis de côté d’une source de divertissement parce qu’on n’y arrive pas renvoie à une forme d’injustice. Philosophiquement parlant, on peut estimer qu’un livre, un film ou un jeu vidéo doit pouvoir être apprécié par tout le monde. Mais la théorie se heurte parfois à la réalité, et il est aussi nécessaire de respecter la vision du créateur. Housemarque, le studio derrière Returnal, assume son positionnement arcade, qui fait écho à une période où les jeux vidéo imposaient un vrai défi sans aucune plainte de qui que ce soit.

« Nous avons commencé le développement il y a quatre ans, et je ne crois pas que notre vision a beaucoup changé. Les jeux d’Housemarque sont connus pour… disons… leur challenge… ils sont difficiles », rappelle Mikael Haveri, directeur marketing, dans l’émission Next-Gen Console Watch publiée le 30 avril. Harry Krueger, directeur de Returnal, abonde dans ce sens : « Sans défi, nous estimons que vous n’aurez jamais ce sentiment d’accomplissement. Plus la frustration se rapproche, plus le sentiment de triomphe sera grand. » Il pense qu’il est possible d’ajuster la difficulté du jeu en minimisant la prise de risques. 

On notera aussi que Returnal n’est pas un jeu qui mise sur la narration pour convaincre. En somme, faciliter l’aventure ne permettrait même pas de découvrir une histoire incroyable, comme c’est le cas dans d’autres jeux vidéo (qui, pour leur part, disposent de plusieurs modes de difficulté). L’essence de Returnal se trouve vraiment dans son gameplay, qu’il est nécessaire de maîtriser pour s’amuser. La marche est un peu haute, mais le plaisir n’en est que plus décuplé. Rendre le jeu plus accessible ne changerait rien pour celles et ceux qui joueront avec la difficulté prévue à la base, c’est vrai. Mais son intégration travestirait le concept imaginé par Housemarque.

Returnal // Source : Capture PS5

Preuve que Returnal n’est pas conçu pour avoir un mode facile ? Sa durée de vie deviendrait riquiqui. Le titre ne réunit que six mondes, qu’il est possible de terminer très, très vite. En réduisant le challenge, Returnal ne pourrait occuper que trois à quatre heures — ce qui paraît très peu pour un jeu normalement vendu 80 euros (astuce : il est à moins de 63 euros sur Amazon). Les joueurs ne se plaindraient plus de sa difficulté, mais du rapport quantité/prix — qui deviendrait alors médiocre.

En revanche, Housemarque est, semble-t-il, prêt à mettre un peu d’eau dans son vin. Les développeurs accepteraient d’intégrer un système de sauvegardes moins punitif. Aujourd’hui, on ne peut pas enregistrer sa progression à l’envi, ce qui empêche de quitter le jeu en pleine session (sauf à accepter de tout perdre) et oblige à laisser sa PS5 en mode repos.

Housemarque n’a, pour l’heure, rien à annoncer. Mais, dans un tweet publié le 30 avril, le studio a partagé une solution proposée par un utilisateur Reddit. Elle consisterait à proposer la possibilité de sauvegarder quand on veut, sachant que le fichier s’effacerait à chaque game over (pour ne pas contrecarrer la structure rogue-lite). Ce serait un bon compromis, quand bien même certains continueront de trouver Returnal trop dur. Ils pourront toujours jouer à quelque chose de plus récréatif.

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