Le format Blu-ray UHD ne ferait plus partie des plans de Disney pour ses anciens films. Il s'en remettrait donc à sa plateforme Disney+ pour offrir une image digne des standards actuels.

Le format 4K UHD est plus que jamais démocratisé. Si une seule preuve suffisait, le lancement d’un canal 4K chez TF1, officialisé dans un communiqué publié le 31 juillet, en serait une. Mais cette évolution ne devrait pas empêcher Disney de rétropédaler sur le segment des Blu-ray UHD pour se concentrer sur sa plateforme Disney+ venant de franchir la barre des 60 millions d’abonnés.

Selon les informations de The Digital Bits publiées le 7 août, qui a recoupé plusieurs sources, le géant américain aurait décidé de stopper la commercialisation d’anciens films live action en Blu-ray UHD. Cette décision concernerait tout à la fois son catalogue maison que celui des studios Fox, riche en pépites. Pour voir ces contenus en 4K dans le futur, il faudrait donc s’en remettre au streaming.

Logo Disney+ // Source : Louise Audry pour Numerama

Pour la 4K, rendez-vous sur Disney+

D’aucuns penseront que le format Blu-ray UHD est une niche. Ils ont raison. Selon les chiffres fournis par Media Play News, il ne représentait que 4 % des ventes vidéo aux États-Unis lors de la semaine achevée le 1er août (contre 71,2 % pour le DVD et 24,8 % pour le Blu-ray). En arrêtant les Blu-ray UHD de ses anciens films, Disney, qui n’a jamais communiqué à outrance sur les bienfaits du successeur du Blu-ray (y compris auprès de la presse), n’aidera pas à la démocratisation. Il y a pourtant des signaux positifs pour l’avenir : la PS5 et la Xbox Series X liront les Blu-ray UHD, ce qui sous-entend que le marché des lecteurs va être renforcé.

On ne peut pas dire non plus que Disney a fait de gros efforts sur les Blu-ray UHD lancés jusqu’à maintenant. Lors de nos différentes séances, on a pu constater ô combien les pistes audio étaient trop souvent écrasées (exemple : Thor Ragnarok). Et puis il y a le problème Dolby Vision, absent de certains pressages, mais bel et bien présent au format numérique. Il y a même eu une pétition, certes peu suivie, pour montrer à Disney que cette absence est dommageable. Il y a par ailleurs le cas Mulan, qui sera proposé sur Disney+ pour 29,99 dollars, plutôt qu’au cinéma. L’entreprise ose ce tarif exorbitant en streaming, alors que c’est normalement le prix d’un Blu-ray UHD (qui reste un objet physique). Quant aux premiers films Star Wars, ils ont d’abord eu droit à la 4K sur Disney+ — autre preuve que le Blu-ray UHD n’est pas une priorité.

Le Blu-ray UHD n’est-il que coquetterie ? Il permet souvent de (re)découvrir certains longs métrages sous un nouveau jour, dans le sillage de 2001, l’Odyssée de l’espace ou de Alien, le huitième passager. Il offre surtout les meilleures prestations, en termes d’image et de son, pour apprécier le spectacle à sa juste valeur, n’en déplaise au streaming trop dépendant de la bande passante de l’utilisateur. La décision de Disney répond à une logique de marché, puisque de plus en plus de gens regardent des films et séries à la demande. Dans le même temps, elle reste incompréhensible pour une multinationale soucieuse de la qualité avec laquelle ses productions sont consommées. Le Blu-ray UHD reste une formidable vitrine et un excellent moyen de profiter de son téléviseur UHD.

The Digital Bits indique quand même que certains films dits de catalogue pourraient bénéficier d’une sortie en Blu-ray UHD à l’avenir. Le site mentionne Avatar, auquel Disney tient beaucoup en raison de l’immense potentiel de la saga préparée par James Cameron (on attend toujours la suite…). D’autres blockbusters du cinéaste, comme Abyss, pourraient également être concernés par ce passe-droit. Disney pourrait aussi laisser d’autres studios s’occuper des sorties vidéo après accord de licences.

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