Alors que personne ne l'attendait, Toy Story est finalement revenu au cinéma pour un quatrième volet. La saga évite le syndrome de « l'épisode de trop » grâce à une aventure bien rythmée et une réalisation magnifique.

Bien que Toy Story 3 concluait avec brio la saga des jouets, Pixar a décidé de relancer la machine avec un quatrième opus (capitalisme ? quel capitalisme ?). En attendant son arrivée dans les salles obscures françaises le 26 juin 2019, difficile de ne pas se poser la question : est-ce l’épisode de trop ? Beaucoup de films sont tombés dans le piège et peu ont réussi à se relever ensuite. Autant vous rassurer tout de suite : Numerama a pu voir Toy Story 4 en avant-première et le film est digne des épisodes précédents.

Woody Story

On retrouve Woody, Buzz et tous les autres jouets bien connus de la saga en compagnie de Bonnie, leur nouvel enfant depuis la fin de Toy Story 3. Le cow-boy est malheureusement délaissé par la petite fille et décide de se rendre utile en protégeant Fourchette (doublé par un excellent Pierre Niney dans la version française), nouveau jouet qui n’aspire qu’à… se retrouver dans une poubelle. Woody essaiera de faire accepter son statut de jouet a l’ancien ustensile, ce qui l’amènera à remettre en question ses propres choix de vie.

Cette courte introduction à l’histoire de Toy Story 4 met déjà en relief un élément à la fois positif et négatif : l’histoire tourne avant tout autour de Woody (même si deux autres personnages ont leur importance). Bien sûr, il était déjà le visage de la saga, mais les autres films se permettaient de mettre en scène les autres personnages très régulièrement.

Les personnages emblématiques de la saga passent à la trappe. // Source : Youtube/Pixar

Ici, on ne s’intéresse réellement qu’au cow-boy, à ses motivations et à ses réflexions. Les autres jouets emblématiques, comme Monsieur et Madame Patate, Jessie, Zigzag et même Buzz, font surtout office de figurants. C’est aussi le cas pour Fourchette dans la seconde moitié du film alors qu’il a été introduit au début de l’aventure. On sent finalement  très vite que Toy Story 4 ne servira pas à mettre un terme à l’histoire des jouets, mais seulement à celle du shérif.

Le Parrain et Mad Max au pays des jouets

Choisir de se concentrer sur un seul personnage n’est pas complètement négatif. Grâce à ce parti pris, Toy Story 4 se canalise sur quelques éléments scénaristiques et évite de se disperser. En résulte une mise en scène rythmée qui permet aux spectateurs de ne pas s’ennuyer et une réflexion intéressante sur le sens de la vie, la gestion de l’abandon et la dépression.

Le duo Woody/Bo Peep fonctionne très bien. // Source : Youtube/Pixar

Ces éléments fonctionnent avant tout grâce à deux personnages que rencontre Woody : Bo Peep, la bergère qui avait disparu dans le troisième volet, et la poupée Gabby Gabby. La première, devenue une figure badass qui ne ferait pas tâche dans l’univers de Mad Max, est à l’origine des meilleures scènes d’action du film, sans oublier quelques belles séquences d’émotion. Quant à Gabby Gabby, elle représente ce qui manquait aux opus précédents : un antagoniste qui ne se contente pas d’être un simple « méchant ». Ses méthodes rappellent celles des personnages du Parrain, mais ses motivations sont compréhensibles et on ressent très vite de l’empathie pour elle. On notera au passage l’excellente performance d’Angèle qui double Gabby Gabby en français.

Gabby Gabby est un excellent antagoniste. // Source : Youtube/Pixar

Si Woody est au centre de l’histoire, ce sont ces deux personnages qui font avancer son intrigue et le poussent à se remettre en question.

Pixar au sommet de son art

L’émotion transmise par les films Pixar passe aussi bien par les dialogues que par la réalisation et Toy Story 4 ne fait pas exception. Chaque plan du film reste en tête, que ce soit grâce aux détails dans les décors, à la qualité des expressions faciales des personnages ou à la mise en scène. On pense particulièrement à une séquence de pluie au début du film qui mêle tous ces éléments et qui laissera n’importe quel spectateur bouche bée.

En terme de réalisation, Pixar s’est dépassé avec Toy Story 4. // Source : Youtube/Pixar

Pixar n’a pas raté grand chose avec Toy Story 4, mais sa conclusion n’est pas tout a fait à la hauteur de celle du troisième opus. Les jouets avaient survécu ensemble aux manigances de l’ours Lotso avant d’accepter de se séparer d’Andy, leur enfant depuis des années, pour rester avec Bonnie. La boucle était bouclée, et les personnages avaient droit à « une nouvelle vie ». Si Toy Story 4 propose une fin satisfaisante pour Woody, il ne s’intéresse pas assez au destin des autres personnages. Une réflexion qui ne lui enlève pas son statut de long-métrage de bonne qualité et qui ne nous empêche pas de vous le conseiller chaudement.

En bref

Toy Story 4

Note indicative : 4/5

On pouvait être inquiet à l'annonce de Toy Story 4, un opus qui ne semblait pas nécessaire pour achever la saga des jouets. Si Pixar n'a pas réussi à proposer une fin aussi satisfaisante que celle de Toy Story 3, le studio a tout de même créé une superbe aventure servie par une réalisation plus impressionnante que jamais.  

On aurait apprécié que certains personnages soient plus mis en avant, mais le studio se rattrape grâce à la profondeur d'écriture de Woody, Bo Peep et Gabby Gabby. Les fans de la saga comme les nouveaux spectateurs devraient donc trouver leur compte avec Toy Story 4.

Top

  • Une aventure bien rythmée et agréable à regarder
  • L'écriture de Bo Peep et Gabby Gabby
  • L'animation à tomber par terre

Bof

  • La mise en retrait des personnages emblématiques
  • Le rôle finalement limité de Fourchette
  • La conclusion qui ne vaut pas celle de Toy Story 3

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