Diffusée sur Prime depuis le 12 août 2022, A League Of Their Own est un régal absolu. Son histoire profondément touchante dresse un portrait génial des pionnières du sport féminin. À regarder de toute urgence.

Il vaut certainement mieux vous prévenir : cette critique de A League Of Their Own va être dithyrambique. Non seulement la série, diffusée sur Amazon Prime, sous le nom français Une Équipe hors du commun, réussit ce rare exploit de nous transporter, d’un bout à l’autre des épisodes, sans jamais que l’on ressente d’ennuis ou de faiblesse narrative, mais surtout, elle est incroyablement importante.

Elle est essentielle en raison des thèmes qu’elle aborde, au-delà de celui du baseball, et par la diversité des personnages qu’elle montre et qu’elle met en lumière. Éminemment queer, A League Of Their Own est une merveille, à voir absolument. Notre critique est garantie sans spoilers.

Une grande qualité de narration

A League Of Their Own suit la véritable histoire de la création des premières équipes 100% féminines de baseball, aux États-Unis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que tous les hommes et de nombreux athlètes sont partis au front, les dirigeants de la ligue de baseball ont une idée unique pour l’époque : créer les premières équipes de baseball professionnelles 100% féminines, en espérant amener les foules dans les stades.

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Chanté Adams incarne Max Chapman à la perfection dans A League Of Their Own. // Source : Amazon Studios

À travers les épisodes, on suit séparément les histoires de Carson Shaw et de Max Chapman, les deux principales protagonistes. Carson, qui a quitté sa vie de femme au foyer dans l’Utah pour vivre son rêve, parvient à rejoindre l’équipe des Peaches de Rockford dans l’Illinois. Mais, Max, qui est racisée, ne peut même pas participer aux essais : les propriétaires de la ligue lui expliquent froidement qu’elle est réservée aux personnes blanches.

À partir de ce point, l’intrigue va suivre l’histoire de ces deux femmes et des deux univers très différents dans lesquels elles évoluent : Carson, qui vit enfin son rêve d’être une joueuse professionnelle de baseball, jouit d’une indépendance rare dans l’Amérique des années 40, et Max, qui se bat pour gagner sa place au sein d’une équipe, doit faire face à la pression de sa mère pour se trouver un mari. Cette critique ne serait pas complète sans parler de Clance, la meilleure amie de Max et l’un des personnages les plus attachants de la série : elle est tout simplement brillante.

Jamais on ne s’ennuie devant A League Of Their Own. Tous les épisodes de la série ont la même qualité d’écriture et de réalisation. C’est une chose d’autant plus difficile, lorsque l’intrigue est divisée entre plusieurs personnages principaux — mais ici, jamais l’histoire ne s’égare, ou privilégie un côté de l’histoire plutôt que l’autre. L’épisode 6, « Stealing Home », est même un bijou de réalisation particulièrement poignant qui devrait longtemps marquer les esprits. Et, si elles sont au début séparées, Carson et Max se retrouvent au fils des épisodes régulièrement, et leur relation est particulièrement touchante.

A League Of Their Own ne parle pas que de baseball

La série a le même pitch de départ que le film éponyme, sorti en 1992, depuis devenu un classique du genre. Mais, la série n’a, dans son déroulement, pas grand-chose à voir avec son prédécesseur. Tout d’abord, il ne s’agit pas des mêmes personnages : exit le coach Dugan et les sœurs Dottie et Kit, place à Carson, Max, Greta, Lupe et toutes les autres joueuses. Grâce à cela, la série n’a aucun mal à sortir de l’ombre. Elle se démarque surtout par son histoire, complètement originale et parfaitement bien menée d’un bout à l’autre.

La série de Prime a l’avantage d’arriver 30 ans plus tard, ce qui lui permet de se détacher facilement du film sans trop souffrir de la comparaison. Le format, de 8 épisodes de près d’une heure chacun, offre aussi la possibilité de vraiment s’attarder sur les personnalités des joueuses, que l’on apprend toutes à connaître au fil de la série. Surtout, A League Of Their Own se permet de raconter des histoires qui n’ont pas pu l’être dans les années 90.

A League of Their Own fait ainsi la part belle au récit des nouvelles joueuses professionnelles, qui ont toutes dû affronter de nombreux préjugés avant de pouvoir rejoindre l’équipe. Plus que de baseball, la série parle de ses personnages, et c’est en grande partie ce qui la rend aussi géniale. Toutes doivent faire face aux remarques misogynes des patrons de la ligue, qui ne les trouvent pas assez féminines pour faire venir les foules, et qui proposent de raccourcir la taille des jupes pour mieux aguicher (elles ont même le droit à un cours sur le maquillage). Max, à cause de sa couleur de peau, ne peut même pas participer aux essais pour intégrer l’équipe. La série montre à de nombreuses reprises que les lois Jim Crows, qui entretiennent la ségrégation raciale, sont toujours terriblement présentes.

Ce ne sont pas les seules discriminations qui sont montrées : Lupe, d’origine mexicaine, hérite d’un surnom espagnol afin de mieux être acceptée. Quant aux nombreuses héroïnes lesbiennes de la série, elles sont constamment en danger de se faire découvrir, et vivent sous la menace : être homosexuel, dans les années 40 aux États-Unis, c’est risquer la lobotomie. A League Of Their Own offre un portrait juste et réaliste de l’Amérique pendant la Seconde Guerre mondiale, de son racisme crasse, de sa misogynie exacerbée et de son homophobie sordide.

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A League Of Their Own. // Source : Amazon Studios

Malgré toutes ces discriminations, la série arrive à briller et à ne jamais tomber dans le drame ni le pathos. On traverse les épisodes en riant, en stressant lors des matchs, en espérant avec les joueuses que leur rêve ne s’achèvera pas trop tôt — et il est vrai, en lâchant une petite larme à quelques occasions.

Scénaristiquement, c’est l’attention accordée aux histoires des joueuses qui permet à la série d’être plus, beaucoup plus, que la chronique sportive d’une équipe de baseball. Le sport, s’il reste une composante très importante de la série — les matches des Peaches sont toujours très agréables à suivre et hautement stressants — s’efface toujours derrière le destin des héroïnes. Pas de quoi rebuter celles et ceux qui ne connaissent rien aux règles du baseball, ou qui d’habitude se lassent des séries sportives. Ici, ce sont les joueuses qui forment l’équipe qui comptent. L’exploration unique de leurs histoires est ce qui fait probablement de cette série l’une des plus importantes de l’année en termes de représentation.

Le verdict

Il n’y a aucun doute : A League Of Their Own va marquer l’histoire des séries. En plus d’une réalisation magnifique et d’un casting impeccable, la série aborde des thèmes difficiles, comme la misogynie, le raciste, l’homophobie et l’oppression avec une profondeur incroyable. Elle offre des portraits rares de personnes queers et de leur mise à l’écart de la société, tout en s’offrant le luxe d’être profondément entraînante et même comique par moments.
On aimerait avoir plus de séries comme celle-ci, pour se laisser embarquer dans une histoire incroyablement riche et touchante, qui nous absorbe dès les premières secondes. Un sans-faute aussi bouleversant que drôle.

Source : Montage Numerama

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