Ferdinand Rousseau, cofondateur de Weenect, espère donner plus de liberté et d'autonomie aux enfants et aux personnes âgées. Selon lui, les risques d'abus de surveillance sont minimes.

Startup, c’est notre nouveau rendez-vous rapide avec des startups françaises qui font l’actualité. En texte par nos journalistes, en vidéo par num (c’est comme numerama, mais en plus court).

Quel parent n’a jamais perdu son enfant dans la foule ? Cette situation angoissante pourrait bien faire partie du passé avec les balises de géolocalisation Weenect. Lancée en 2013, la startup propose de suivre en temps réel des enfants mais aussi des personnes âgées grâce à un boîtier connecté à une application iPhone ou Android. Sont concernés également : les chiens et les chats. Le prix tourne autour de 70 euros.

Rencontre avec Ferdinand Rousseau.

Quel est l’avantage de ces balises ?

Le produit est passif donc l’enfant ne peut pas jouer avec. Il ne peut pas envoyer de sms, il ne peut pas regarder de vidéos. Cela ne va donc pas le perturber. En revanche, on a tous les avantages. Les parents sont prévenus si jamais il y a un problème, par exemple si un enfant rentre et que son bus tombe en panne. Dans ce cas, l’enfant peut les joindre. C’est un téléphone d’urgence, c’est uniquement pour les situations extrêmes.

Combien de traceurs GPS ont été vendus depuis 2013 ?

Je ne peux pas vous donner un chiffre officiel mais autour de 50 000.

Quelle est la balise qui se vend le mieux ?

Il s’agit toujours de celle pour les enfants. Elle représente la plus grande partie de notre parc d’utilisateurs. Viennent ensuite les balises pour les chiens et les chats.

Quel est le but de la balise pour enfants ?

Chaque parent éduque ses enfants différemment. On n’a jamais pris le parti pris de dire aux parents que c’était un instrument de surveillance. On a toujours expliqué que c’était un outil pour émanciper l’enfant, pour lui donner plus de liberté.

N’avez-vous pas peur de l’effet Big Brother ?

C’est comme pour tout. Il faut savoir appréhender et utiliser un outil. On n’est pas responsables de ce que font les parents. Mais, on est convaincus que nos clients et nos utilisateurs utilisent la balise GPS de manière très juste et non pas dans un but de réprimander leurs enfants.

Derrière ce traceur GPS, il y a l’idée du danger. Est-ce qu’il n’angoisse pas davantage les parents ?

Je pense que les bénéfices sont beaucoup plus importants que les cas où il y aurait une mauvaise utilisation, où les parents seraient anxieux et où cela engendrerait du stress.

Que faites-vous des données collectées ?

On a des données qui sont sécurisées et qui sont transmises en HTTPS. Les transactions entre nos services et les serveurs sont sécurisées également par des clés de chiffrement. Donc, là-dessus on n’a pas lésiné sur les moyens. On sait que sur le segment des objets connectés, il y a un enjeu colossal à avoir des données sécurisées.

« Nos défis les plus importants concernent les balises pour les personnes âgées »

Est-ce que des maisons de retraite utilisent votre balise pour personnes âgées ?

On doit avoir 200 établissements d’hébergement pour personnes âgées (Ehpad) qui font appel à nos services. Les maisons de retraite les achètent comme des clients normaux. Elles en ont besoin pour laisser de l’autonomie à leurs patients.

Quels sont vos objectifs pour les prochaines années ?

Nos défis les plus importants concernent les balises pour les personnes âgées. Nous souhaitons améliorer notre système d’alerte SOS et mieux détecter les chutes et les situations d’immobilisme ou d’errance. Nous voulons également faire en sorte que notre application soit plus intuitive. Le but final est de permettre à un ensemble d’anges gardiens (famille, proches, cousins, gardienne, voisins…) de veiller sur une personne en particulier.

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